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Patrick FROMENT

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  • Date de naissance 12/18/1967

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  1. Petit extrait de la page 476 du Grand Manuel de Parapsychologie Scientifique sous la direction de Renaud Evrard : Bon... En gros c’est pas gagné de faire entrer la parapsychologie dans le cadre naturaliste / physicaliste !
  2. Bref... La question reste entière : Y-a-t-il une "extraterritorialité de la conscience" comme on le dit parfois en philosophie de l'esprit ? La dimension subjective, phénoménale et intentionnelle de la conscience n'excède-t-elle pas (définitivement ?) les descriptions purement physiques ou naturalistes ? Le mode d'existence de l'expérience consciente est-il réductible au mode d'existence des objets étudiés par les sciences physiques et les sciences naturelles ?
  3. Il semble que c'est la voie que beaucoup de chercheurs adoptent après des années de recherche sur ce mystère qui est certainement le plus profond de l'existence. Christof Koch (Président du Allen Institute for Brain Science quand même ! un des neuroscientifiques les plus influents au monde) a déclaré à la revue Scientific American : "Je me suis engagé dans cette recherche avec la conviction que la science matérialiste trouverait la réponse. Après 40 ans, je n'en suis plus aussi certain". https://www.echosciences-grenoble.fr/communautes/atout-cerveau/articles/non-la-conscience-n-est-toujours-pas-comprise-mais-qu-est-ce-que-signifie-comprendre-la-conscience
  4. Pour l'instant cet ouvrage existe uniquement en anglais. Il montre, en tout cas, qu'il y a tout un courant de recherche académique sérieux en philosophie, en psychologie, en neurosciences (minoritaire certes) qui défend des positions non matérialistes sur la conscience... voire qui explore l'hypothèse que la conscience serait quelque chose de beaucoup plus fondamental qu'un épiphénomène émergent de l'activité cérébrale.
  5. Effectivement, Flournoy avait montré que les récits extraordinaires d'Hélène Smith pouvaient être compris comme des créations de l'inconscient. Et là et je pense que cette explication clôt le sujet pour un sceptique disons physicaliste et version zététique démystificatrice (Henri Broch, Thomas Durand... (ce genre de sceptique va même éviter de parler d'"inconscient", ce qui va encore plus simplifier et limiter le débat, mais bon.. bref...). Pour un sceptique à tendance psychologisante, explorateur du paranormal (Renaud Evrard, Thomas Rabeyron... Patrick Froment ) l'explication de Théodore Flournoy est un début fascinant. Par exemple : Carl Gustav Jung connaissait très bien les travaux de Flournoy. Jung cite Flournoy à plusieurs reprises dans ses premiers travaux et entretenait une relation intellectuelle avec lui. Flournoy avait montré que les récits extraordinaires d'Hélène Smith pouvaient être compris comme des créations de l'inconscient. Sans entrer dans des élaborations trop psychanalytiques (la psychanalyse est une discipline naissante au moment où Théodore Flournoy développe ses travaux). Plusieurs idées élaborées par Flournoy qui vont marquer Jung : - les personnalités secondaires peuvent être des productions psychiques autonomes - les symboles suivent une logique propre - les productions médiumniques révèlent davantage la structure de la psyché que l'existence d'un monde surnaturel.
  6. " La parapsychologie n’est pas (et ne sera jamais) une discipline scientifique ; elle ne dispense pas un savoir, elle nous confronte à notre ignorance et notre manque à être ; elle nous dit l’extrême labilité de toutes choses et du fait, qui n’est qu’un « montage ». Mais, concurremment, elle énonce à quel point sont incontournables, irréductibles, les productions de notre imaginaire. " René Louis - L’ère des médiums, Enquête sur une croyance : le paranormal
  7. Certaines expériences exceptionnelles qui intéressaient surtout les psychiatres et les psychologues sont effectivement entrées dans le champ de la "science académique" comme tu dis : Les EMI, les hallucinations ou sensations de présence invisible chez des personnes sans trouble psychiatrique et j'en passe. L'interprétation de ces expériences subjectives exceptionnelles reste, évidemment, un sujet de débat académique non tranché. Peut-être que l'interprétation de ces expériences exceptionnelles et la compréhension de la conscience au sens large nous obligera, un jour, à revoir nos cadres conceptuels et repenser radicalement nos concepts de "subjectif" et "objectif", "physique" et "mental", "matière" et "expérience"... L'objectif d'un rationaliste comme Thomas Durand est d'établir la réalité - ou plutôt l'irréalité - objective (et dans un cadre matérialiste / physicaliste !) du paranormal (ce qui est déjà un oxymore, c'est comme si je disais que je cherche à établir le naturel du surnaturel). L'objectif de psychologues œuvrant dans le parapsychologique comme Renaud Evrard est plutôt de comprendre de l'intérieur les expériences subjectives associées au paranormal. Les deux auraient certainement pu collaborer ensemble et tirer profit de leur différence d'approche (cela a été le cas sur un projet concernant les EMI, Renaud Evrard en parle dans son ouvrage "Phénomènes Inexpliqués"). Mais certainement, les différences conceptuelles sont trop énormes entre eux, les métaphysiques respectives trop incompatibles et les egos faisant peut être le reste...
  8. Pour continuer sur le fond du sujet, il me semble qu’il y aura toujours une différence d’approche entre les psychologues s’intéressant au paranormal par rapport aux scientifiques-sceptiques plutôt issus des sciences « dures ». Il y a, en effet, chez beaucoup de psychologues s’intéressant au paranormal, une approche plutôt empathique et non disqualifiante… qui n’exclu pas le scepticisme ! William James et Théodore Flournoy en sont deux très bons exemples historiques. L’approche clinique que Thomas Durand semble beaucoup critiquer et considérer comme une sorte d'alibi à "l'entrisme du paranormal" consiste simplement à : - Accueillir le récit du sujet sans le disqualifier d’emblée - Chercher à comprendre ce que signifie l’expérience pour la personne plutôt que de trancher immédiatement sur sa réalité objective - S’intéresser aux effets de cette expérience sur le fonctionnement psychique de la personne (identité, émotions, relations…) C'est dommage de voir cette approche caricaturée ainsi (avec des images générées par IA ) : Mais bon, encore une fois, les approches et les objectifs des deux parties sont très différents !
  9. La couverture ressemble à celle de "Télépathie Réelle" !
  10. J’ai demandé à ChatGPT de comparer les approches respectives de Marcello Truzzi et Henri Broch. Il est fort pour les comparaisons critiques ! Conclusion: " Les partisans de Truzzi reprochent parfois à certains mouvements sceptiques contemporains d'adopter une posture trop militante contre le paranormal. À l'inverse, les partisans de Broch répondent que suspendre indéfiniment son jugement face à des affirmations testées de nombreuses fois sans résultat positif n'est pas la position la plus rationnelle. Ils estiment qu'il est raisonnable d'accorder un degré de confiance très faible à ces affirmations tant que des preuves robustes n'apparaissent pas. Ainsi, on peut résumer leur différence de cette manière : Truzzi réfléchit surtout à ce que doit être un sceptique sur le plan philosophique et méthodologique. Broch montre surtout comment exercer concrètement l'esprit critique à travers l'expérimentation et la zététique. Il ne s'agit donc pas de deux visions opposées, mais de deux sensibilités au sein du scepticisme scientifique : l'une davantage centrée sur l'épistémologie et la prudence dans les conclusions, l'autre sur la méthode expérimentale et l'éducation à l'esprit critique. "
  11. J’ai l’impression que Thomas Durand découvre la lune : - Le sujet de l’origine et de l’émergence de la conscience reste un "problème difficile" (pour reprendre la célèbre formule de David Chalmers et il est encore sujet à bien des discussions académiques. - Certaines hypothèses qui peuvent sembler "originales" sur l’émergence de la conscience sont effectivement explorées de manière récurrente dans des travaux de thèse, particulièrement des thèses de philosophie ou de psychologie. Je trouve plutôt cela plutôt sain, ces travaux ne me semblent pas dénués de rigueur scientifique (même si nous sommes là plutôt sur les critères des sciences humaines) et il m’est arrivé de relayer certains de ces travaux sur ce forum. - En matière de zététique et de rationalisme, il y a plusieurs approches et sensibilités. Renaud Evrard a toujours fait un pas de côté par rapport à ce qu’il appelle "la zététique à la française" et ce qu'il considère comme son "opposition factice". Il me semble qu’il se situe plutôt dans la filiation d’un Marcello Truzzi plutôt que celle d’un Henri Broch.
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