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La recherche d'une certaine culture magique est un aspect omniprésent chez tous les magiciens que j'ai rencontré ou dont j'ai pu lire les papiers. Nous avons tous besoin de nous fixer des références, une histoire voire une famille.

Chaque discipline artistique à son histoire; La litterature, la peinture, la sculpture... toutes ces activités ne s'improvisent pas sans un minimum de connaissance sur les techniques et donc potentiellement sur les inventeurs de ces techniques et leur histoire.

Dans le cas de la magie, passion de solitaire dont on ne peut même pas partager les secrets avec sa tendre et douce, j'ai l'impression que plus que dans les autres disciplines, on attache une importance particulière au respect des créateurs en tentant de les citer systématiquement dés lors que l'on fait du commerce avec des techniques qu'ils ont initié. C'est tout a l'honneur de ceux qui défendent cette pensée.

La ou la situation me gène c'est qu'il me semble qu'en 2001 et à la veille de 2002,la majorité des bases ont été posées et que par conséquent, les performers - dés lors qu'ils tournent une vidéo ou qu'ils font une conférence par exemple - sont "obligés" de se trainer des valises de génériques et des citations de sources longs comme mes deux bras, ou l'on y apprend souvent que la paternité d'une technique est revendiquée par 2 voire 3 personnes et ou finalement, cet étalage est tellement confus que seuls les véritables initiés arrivent à retrouver leurs petits...et encore, il y a souvent débat sur les paternités...

Je comprend que les ardents défenseurs de la culture magique s'offusquent de voir un amateur débarquer sans le moindre pépin de culture magique et qu'il se bombarde magicos parce qu'il a lu les fiches magiques des éditions Atlas smile.gif" border="0 Je comprend que l'on puisse attacher de l'importance à ces détails qui font l'histoire de la magie... mais trés souvent, il faut bien le reconnaitre, les debats tournent plutot autour du sexe des anges que sur des détails passionnants.

C'est vrai, aujourd'hui, on retiendra certainement plus facilement que Coperfield est l'initiateur du Flying que la position du petit doigt d'Ascanio pour sa levée double...

Je trouve qu'il y à un peu d'abus quand il est pratiqué une critique systématique de ces grands professionnels, dés lors qu'ils ne mentionnent pas "justement" d'ou vient le mouvement de petit doigt qui leur permet de mettre en place leur levée double (ce n'est qu'un exemple), ou dés lors qu'ils utilisent une routine presque similaire à celle d'un de leur confrere.

Ces magiciens vivent à notre époque, ils font honneur à leurs prédécesseurs et aux pères fondateurs de l'art magique et perpétuant leur art et en véhiculant leurs techniques et leurs idées. Qu'on arrête de les emm... ou de les critiquer ouvertement dés lors qu'ils ne mentionnent pas tous les détails et anecdotes qui les ont conduit à en arriver la.

Connaissez vous, sincèrement, des écrivains qui se revendiquent du style de Victor Hugo ou de Steindhal dans la préface de leur bouquins ? Et pourtant, chaque style à ses instigateurs !

Connaissez vous des developpeurs informatiques qui citent le mathématicien à l'origine de l'algorithme qu'ils vont utiliser pour programmer leurs routines ?

Et pourtant, ces bases sont indéniablement les moteurs de leur activité...

On ne peut pas indéfiniment trainer l'obligation de citer les références fondatrices. On condidère ces acquis et aujourd'hui, on essaye d'avancer, en innovant et en adaptant ces acquis à notre époque et aux situations.

Il était important pour moi de donner un avis car ces critiques perpétuelles sur l'attitude de certains magiciens me choquent.

Certes, tout le monde n'est pas beau et gentil dans le milieu pro, certes bon nombre de magiciens devraient certainement calmer leur égo et faire preuve de plus d'humilité et d'originalité, mais malgré tout, un minimum de respect pour les ténors de cet art qui nous anime et nous fait vibrer me semble de rigueur, ne serait-ce que pour continuer à faire rêver ceux qui découvrent et se mettent à la magie aujourd'hui et puis finalement aussi, pour laisser également la chance à ces hommes de devenir, à l'instar des Kaps, des Vernon, des Houdinis (et j'en oublie des dizaines) des références pour leur époque.

Si vous m'avez lu jusqu'ici, merci, votre avis sur ces propos m'interesse bien evidemment au plus haut point.

Emmanuel A.

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Cher Emmanuel A,

ce que vous dites est fort pertinent mais votre propos néglige, lamine devrais-je préciser, le travail de fourmis de ceux qui vont re-donner à César ce qui appartient à César . Si vous trouvez ennuyeux de lire des réferences longues comme des bras!!! appuyez sur votre défilement rapide de votre télécommande ( livrée avec la plupart de chaque appareil )et vous serez satisfait .

En magie on n'utilise pas seulement un mouvement crée par un magicien mais on peut s'inspirer de la routine elle-même et il est souhaitable de donner ses sources d'inspirations pour éviter de changer une virgule à une routine complète et de se l'attribuer!!! .

Je ressens que la base de cette réponse et votre texte vont permettre à bon nombre de Seb ( s) de donner leur son de cloche .

A+.

Dominique .

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Sébastien,

La magie, a la différence des exemples cités (thésards, scientifiques) est une discipline artistique ou le feeling, l'inspiration, et les possibilitées de chacun sont autant d'éléments qui vont induire une façon de faire plutot qu'une autre.

Il est fort regrettable que dans le processus de l'inspiration, l'artiste soit bloqué par l'idée qu'un de ses gestes puisse déja avoir été pratiqué, qu'une de ses couleurs ou qu'un de ses coups de pinceau puisse avoir été déja utilisé, que la tournure de sa phrase aie déja été employée...

Je ne pense pas qu'il soit toujours volontaire de la part des artistes de dupliquer les techniques des autres, je pense plutot que dans la mesure ou aujourd'hui la majorité des bases techniques sont posées, on ne peut plus faire un geste, un mouvement, une passe ou prononcer un mot sans que ces derniers soient associés au travail d'un autre.

Mais en partant de cette considération, pourquoi se contenterait on de critiquer de la sorte les acteurs de l'art magique ? Pourquoi pas les peintres ? Pourquoi pas les écrivains ? Pourquoi pas les acteurs ? Pourquoi pas les Humoristes ? J'imagine difficilement que chacune des ces activité ne puise pas son inspiration, ses astuces, ses routines et ses techniques dans le travail des pairs qui sont passés avant...

On les critique ? Et bien oui, justement, il apparait que ces activités sont soumises à la critique. La principale différence étant qu'elle n'est pas pratiquées par leurs pairs ou quand c'est occasionnelement le cas, c'est avec discernement et délicatesse.

Il y a des spécialistes, des historiens dans chaque discipline et plus que tous les autres, ces gens la, du fait de leur détachement sont à même d'aprécier les origines d'un mouvement, d'une couleur, d'une tournure de phrase ou d'une intonation et de les commenter.

Dans ces commentaires, il ne sera pas fait mention de l'aspect négatif de l'emploi d'une technique connue. On précisera simplement que le jeu de tel acteur nous fait penser à celui de Gérard Philippe, que cet humoriste à quelque chose de Thierry Le Luron, que les couleurs employées par ce peintre se rapprochent de façon intéressante de celles employées par Picasso dans tel ou tel tableau. Ces comparatifs seront autant de beau compliments pour l'artiste.

Ces artistes de référence ont marqué leur époque, ont inventé des styles. Il ont enrichi leurs disciplines respectives. Aujourd'hui, il est impensable de croire que leur apport n'aura été que l'oeuvre de leur époque. Sans conditions, ils ont amené des pierres nécessaires à la survie de leur art et ces pierres en sont d'ailleurs les fondements.

Pour aller plus loin dans la reflexion... en faisant le parallèle avec ce qui se passe actuellement dans le milieu informatique : Qu'en serait il aujourd'hui si les premiers acteurs avaient breveté leur façon d'interpreter leurs rôles ? Qu'en serait il si les peintres avaient breveté leurs couleurs et leur coup de pinceau ? Qu'en serait il si les écrivains avaient breveté leurs tournures de phrases ?

La création, si chère à notre coeur en aurait été réduite à néant, personne ne pouvant se passer - accidentellement ou non - des base, des fondements de son activité de prédilection pour pouvoir créer de nouvelles méthodes, de nouvelles techniques, de nouveaux mouvements. Chaque discipline aurait vu son developpement tari par une attitude protectionniste nuisible.

Est-il imaginable aujourd'hui d'imaginer qu'un créateur de génie puisse également être un puit culturel sans fond ? La création n'est-elle réservée qu'à ceux qui savent ? Suis-je obligé, moi débutant mais créatif, de me taper l'intégralité de la culture magique pour savoir si la routine que j'ai inventée il y 6 mois et que j'ai travaillé comme un fou depuis peut être présenté ou non à mon public ?

Je ne renie absolument pas l'interêt de la culture magique et je m'y intéresse trés vivement d'ailleurs. Cependant, je pense qu'il est malsain de s'arrêter la ou les bases ont été fixées et de sans cesse se réferer au passé du point de vue artistique.

Je laisse le soin aux spécialistes de décortiquer ma routine, et de me dire ce qu'ils en pensent.

Je me sent bien lorsque je l'exécute, elle est le fruit de nombreuses inspirations mais elle m'est malgré tout personnelle et je l'execute à ma façon.

Qu'on puisse determiner que je branle mes cartes comme Dai Vernon sera un beau compliment, d'autant plus que je ne l'ai jamais vu exercer et c'est justement cette dernière reflexion est l'essence même de mon "plaidoyer".

Merci en tous les cas pour ta réponse si complète ainsi que pour celle de Dominique. Je pensait depuis longtemps que le sujet pouvait être traité de façon plus complète qu'il ne l'a jamais été dans ce forum. C'est désormais chose faite et j'espère que nous allons aller encore plus loin dans la reflexion.

Emmanuel A.

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Merci pour ta réponse...Je vais essayer de faire plus court car sinon on risque de décourager tous les lecteurs, alors que le sujet est important et que tu es un des rares à avoir mis le doigt dessus.

Il ne s'agit pas de "museler" les magiciens avec les sources. Tu as raison quand tu dis qu'il existe de plus en plus de chances que tel ou tel magicien ait plus ou moins réinventé telle ou telle routine. La différence revient juste à 1- reconnaître que tu t'es basé sur tel ou tel effet 2- expliquer ce que tu as apporté à la routine, que ce soit la combinaison des effets, le boniment, une manip, une préparation, etc.

Si les magiciens tapent si dur sur les piqueurs (ou ceux qui se sont inspirés, etc), c'est parce ces derniers n'admettent justement jamais s'être inspiré et surtout, parce que contrairement aux exemples que tu donnes (peinture, musique, etc), les "modèles" et sources inspiratrices ne sont pas aussi connues et aussi bien établies. Tu parles de T. Le Luron, effectivement..TOUT le monde le connait et a vu au moins l'un de ses sketches, donc tout "imitateur" (c'est le cas de le dire) se fera aussitôt repérer et déclarer comme "s'étant inspiré de...". Un peu comme Michel Leeb que d'aucuns traitent de clone de Jerry Lewis!

En magie, tout est moins clair, moins établi, moins légitime. Il est facile de s'inspirer lourdement d'un inventeur absolument inconnu du monde magique et de se bâtir une notoriété sur ses idées, sans dédommager ce dernier ou du moins mentionner son nom.

Quand à la véhémence que déploient certains pour dénoncer ces cas de copie ou d'"inspiration", elle est directement liée au manque d'intérêt (ou surtout de connaissance) des magiciens sur ce qu'ils voient. Exemple concret: vous voyez Ammar présenter un tour d'Earl Nelson dans l'une de ses vidéos, mais 1- Earl Nelson a-t-il autorisé Ammar à présenter le tour sur cette vidéo? (non) et 2- Earl Nelson est-il content du traitement qu'à fait Ammar de son tour, ainsi que de l'explication qu'il en donne (non) 3- Est-ce qu'Earl Nelson est satisfait de cette situation? (non) 4- Est-ce que le fait de savoir celà (qui a été écrit publiquement sur un Forum Internet américain) va dissuader les magiciens d'acheter la vidéo de Ammar? (non) 5 - Est-ce qu'Earl Nelson, qui est l'une des figures majeures du Magic Castle, va laisser passer ça en la fermant poliment? (non). Bref, il n'y aurait pas autant de règlements de compte, de rancoeurs, de jalousies (il faut aussi l'admettre), de boycottage, etc, si les magiciens admettaient librement s'être basés sur tel ou tel mouvement, et rendaient à César ce qui appartient à Jules...

D'autre part, il faut différencier les magiciens qui ont un jour réinventé un ou plusieurs trucs, de bonne foi (et même de mauvaise!), et ceux qui ont bâti leur carrière et leur production (livres, vidéos, audiocassettes, conférences, spectacles) à 99% sur les idées des AUTRES, sans le reconnaître ou compenser les auteurs. Je pense que tu seras le premier à admettre que personne aujourd'hui n'aurait le cran de reprendre l'intégralité des sketches et du personnage de T. Le Luron sans se faire passer à la moulinette par la critique. Même André Rieu se fait descendre par ses confrères qui disent qu'il se fait du pognon sur le dos de Richard Strauss, c'est dire!

Allons encore plus loin: il n'est pas nécessairement un mal de se faire un nom et une carrière sur les idées des autres! C'est simplement une question de positionnement. Exemples: Kaps n'a jamais été un grand créateur et c'est lui-même qui le reconnaissait le premier! Il était un génial performer qui réalisait et présentait à merveille les idées des autres (Bruno Hennig, etc). Il n'a, que je sache, jamais caché celà, il a toujours cité ses sources d'inspirations et ses amis qui lui proposaient des effets. Résultat: Il est resté quasi-intouchable jusqu'à la fin de ses jours et son nom est l'un plus respectés qui soient, précisemment parce qu'il était clair à tous points de vue sur sa polique de tours. Exemple opposé (et plus actuel): Steve Fearson n'a été ni payé, ni cité dans le dernier show de David Blaine pour avoir crée l'un des tours les plus importants de ce show télé...Résultat: Blaine a perdu Fearson qui depuis, s'est employé à salir son nom du mieux possible...Ne peut-on pas appeler ça un retour de bâton?

Bref, ne retiens surtout pas l'idée que citer les sources paralysent le pouvoir créatif des artistes...Il se peut que tu aies passé des semaines à mettre au point une routine, et de t'apercevoir 5 ans plus tard que tu as réinventé un truc de Marlo (qui lui-même l'a réinventé de Jennings). J'ai envie de te répondre: "Et alors?". RIEN ne t'enlèvera la somme de travail et la sueur que tu as investi dans la mise au point de l'effet, et la routine sera QUAND MEME de toi...RIEN ne t'enlèvera le processus créatif que tu as mis en oeuvre, et même si le résultat n'est pas entièrement nouveau sous le soleil magique, la mécanique de création que tu as mise en oeuvre ne peut t'être que bénéfique. Simplement, quelqu'un aura pensé au même truc que toi 20 ans avant...Quel est le problème de l'admettre? Surtout que s'il s'agit de Jennings, l'exemple est plutôt flatteur! Ce phénomène de "réinvention" arrivera de moins en moins au fur et à mesure que tu liras, assisteras à des congrès, des conférences, etc.

Que l'on se rassure: Chelman dit souvent qu'il nous reste plus à inventer que tout ce qui a déjà été inventé...Il existe encore des centaines de méthodes inexplorées, des pistes vierges, des accessoires nouveaux...donc la question des sources ne mène pas à l'impasse...Bien au contraire, elle te fait mieux rebondir vers d'autres perspectives.

Seb.

PS: J'ai essayé, ben non, je n'ai pas fait plus court, lol.

[ 21 octobre 2001: Message édité par : Seb ]

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pour ajouter une pierre a l'edifice,

Il me semble qu'en physique il existe une phrase du genre :

"Rien ne se créer, tout se transforme"

Je pense que c'est aussi applicable en magie.

La plus petite technique aussi nouvelle soit elle a des bases. Meme si l'effet est completement nouveau, la technique jamais vue, il y aura toujours qq'un pour te dire : "tu as vue, tu mets tes doigts dans la meme positions que machin" on y peut rien, c'est comme sa... Autant faire avec et tant qu'a reprendre des choses autant cité ce que tu a pris.

A l'inverse, il est claire que l'on se pose toujours des questions sur ce que l'on vient d'inventer... Suis je vraiment le createur ? (oui) l'idée existe elle deja ? (surement) comment faire pour le savoir ? (cherche ;o)

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Perso je trouve que tu fais dire ce que tu veux a tes exemples: tu serais pas journaliste???

Le pobleme en magie c est que beuacoup reprennent integralement une routine: ca revient a ressortir un livre en changeant le nom de l auteur ou un tableau en changeant la signature. Bref ca va plus loin qu une simple ligne de couleur.

Pour ce qui est de l informatique... Je sais pas si tu codes des masses pour balancer des trucs comme ca.

Je vais pas m etendre Seb a deja beaucoup dit. Je ferais que copier... on resterai dans le sujet wink.gif" border="0

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(desole pour les accents, je suis en qwerty)

Juste pour preciser quelques choses sur les sources, et en particulier ton mauvais (tres) exemple a propos de l'informatique.

Je sais pas trop si tu as deja code - disons programmer pour faire plus simple - mais en general si tu le fais correctement et que ton source code est destine a etre lu par d'autres, il est clair que ton code contiendra 90% de commentaires et 10% de code (et franchement la je n'exagere pas du tout). Et devine ce que contiendra en grosse parti les commentaires ? Les sources, les references des algos (souvent les references d'un article scientifique, car de nos jours la recherche informatique ne se resume pas aux algos) et bien sur une explication de ton implementation, les optimisations que tu y apportes - si apport il y a. Essaie de lire un source sans commentaire, non seulement c'est penible, mais sans reference il ne va pas t'apporter grand chose.

Nous constatons de meme dans les articles scientifiques de recherche, il y a souvent autant de pages dediees aux references que dediees aux ameliorations. Et je pense que cela est vraiment important, si tu veux pouvoir travailler sur un sujet (sur un effet en magie) tu as tout a y gagner a lire les idees originales, les differentes versions, afin de te donner le maximum de piste de recherche et de voir ce qui te plait et ne te plait pas dans les differentes approches.

Bref exactement ce qu'a dit Seb a propos de la magie, non seulement citer les sources est important vis a vis de l'auteur (c'est la moindre des choses de le citer !) mais il l'est autant pour le lecteur, car cela lui donne de nouvelles choses auxquelles se referer.

Voila, c'etait juste pour reagir sur la vision de l'informatique d'Emmanuel qui me revolte un peu wink.gif" border="0

Best Regards

ChoJin

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Avant toutes choses, mon point de vue n'a pas vocation à la polémique. Je suis trés heureux que Sebastien aie pris le temps de donner son avis et d'étayer ses propos et pour ne rien vous cacher, c'est tout particulièrement ses commentaires que j'attendais avec le plus d'impatience.

Je ne suis pas journaliste, mais directeur administratif et gérant d'une société d'informatique et accessoirement, absolument passionné de magie.

Rapidement et sans m'étendre particulièrement, je travaille depuis presque 15 ans entouré de developpeurs et la lecture de leurs sources est rarement instructive sur les origines de leur démarche. Pourtant j'ai le plaisirs d'employer quelques docteurs et autres ingénieurs de la spécialité.

Ils n'ont aucun interêt pour la magie, je serait donc bien en peine de les faire intervenir ici, mais 90% de ma reflexion a été débattue avec ces personnes qui sont aussi des amis et parce que c'est un sujet qui me tient a coeur, j'ai retiré la substantifique moelle pour venir en débattre sur ce forum. Cher Chojin, mon constat ne visait evidemment pas à te pousser à la révolte !! smile.gif" border="0

Pour que l'on soit bien en phase, il est évident que je ne suis pas plus défenseur des plagieurs que vous devez l'être. Ma reflexion se base sur les artistes qui ont le désir de la création et de l'"entertainment".

Les clones, c'est à dire les artistes qui passent ou ont passé l'ensemble de leur carrière à dupliquer les effets d'autres artistes en activité sans leur consentement et sans rétribution pour les idées originales sont bien entendu à classer sur une liste noire.

J'avais plutot pour objet de traiter de la démarche de création de certains artistes, qui n'ont pas forçément l'intégralité du savoir magique à l'esprit et qui fortuitement, vont être amenés à employer des techniques ou des routines qui ont déja été utilisées, publiées et que leurs auteurs utilisent toujours a titre professionnel. Bon nombre de professionnels passent certainement bien moins de temps à lire ou visionner les documents relatifs à l'histoire de la magie qu'a régler les détails de leurs shows...

Si ces artistes n'ont pas l'habitude du clonage, plutot que de les fustiger en place publique et les descendre systématiquement y compris devant des néophytes sans "culture magique" pour qui la parole de certains est parole d'évangile... Il serait judicieux soit d'agir en demandant à l'artiste de justifier son attitude et potentiellement de s'expliquer publiquement sur ses choix, soit que l'auteur légitime agisse directement pour faire valoir ses droits sans qu'il aie pour cela besoin du concours de ses pairs.

Via Internet, on peut donner des droits de réponse à tous les artistes et je suis sur que certains d'entre eux seraient certainement contents de s'exprimer.

Emmanuel A.

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Emmanuel: Je ne suis pas sûr que les noms en question seraient ravis de s'exprimer sur le sujet, puisque la question est sensible, et crois-moi, leur "réputation" ou les critiques dont ils font l'objet sont loins de provenir d'une seule personne. Il a fallu attendre pratiquement 10 ans après la mort de Marlo pour que la quasi-majorité de ses élèves et mentors commencent à parler du personnage! Au cours de ces derniers mois, plusieurs magiciens sont cependant partis en "campagne" pour restaurer leur image et expliquer leur version des faits pour, en gros, expliquer qu'il se montreront plus prudent à l'avenir... Une politique intelligente...reste à espérer qu'elle portera ses fruits, car il est toujours assez délicat de se débarasser des étiquettes, en magie comme ailleurs.

Hélas, le plus souvent, les grands noms en question (j'ai évité au maximum de donner des noms car la liste est longue, et le débat est nettement plus important que les cas particuliers) ignorent le problème car comme je l'ai déjà dit, la plupart des magiciens ne se préoccupent guère de ce dont nous avons parlé et iront "consommer" les produits d'un magicien ou d'une marque, même si le type en question est un voleur avéré. C'est tout le drame. La situation est en train de changer, cela dit.

Je ne suis également pas convaincu par l'argument (souvent répété) selon lequel "la recherche historique, c'est pour les amateurs, pendant que les pros travaillent sur le terrain". Je me gausse...C'est justement aux pros, dont c'est par définition le METIER, de réfléchir sur ce qu'ils font. Prend les plus grands professionnels du monde, ce sont justement ceux qui ont effectué le plus de travail de recherche pour aboutir à leurs effets. Parbleu, Ricky Jay (intouchable, s'il en est) a même fait un spectacle à Broadway qui portait précisemment SUR LES SOURCES, au cours duquel il explique l'origine et l'évolution des tours qu'il présente! Et qu'on ne me dise pas que c'est rasoir, il s'agit de l'un des shows de magie qui a remporté le plus de succès à Broadway et à travers le monde! Est-ce un hasard si certains des plus grands créateurs du monde, Jim Steinmeyer (www.jimsteinmeyer.com) ou Michael Weber, sont également les plus grands historiens de la magie? Des types comme Jim Steinmeyer ou l'équipe des créateurs de Copperfield ne sortent jamais une version d'un tour sans avoir épluché et fait la synthèse de toutes les méthodes existantes, afin d'en retirer la substantifique moëlle: une version "ultime" qui sera en quelque sorte l'héritière du travail de dizaines d'inventeurs, travail réparti parfois sur plusieurs siècles! (voir "Flying" de Copperfield). N'est-ce pas trippant de travailler de la sorte, et de voir différents cerveaux travailler sur le même truc, décennie après décennie?

Tu sembles trouver regrettable que certaines personnes (et si tu pensais à moi... je ne suis pas le seul, LOIN, TRES LOIN s'en faut!..et je suis même l'un des plus mesurés en la matière, je te le garantis!) mettent les pieds dans le plat en balançant des noms et des exemples avérés...Mais OU pourrait-on en parler autrement? Pour un débutant ou un amateur, l'apprentissage de la magie revient à acheter du matériel (livres, vidéos, tours, accessoires) et éventuellement à suivre des cours. Vient ensuite le "surf" internet comme seconde source d'infos..Si c'est là que les debutants dont tu parles peuvent en apprendre un peu plus sur la mécanique de la création et réaliser que leurs héros du moment ne sont peut être pas aussi géniaux qu'ils le croient, et que l'on peut aller plus loin en magie, et qu'il existe d'autres génies qui font d'autres tours encore mieux...et bien le travail en vaut la peine!

En admettant que plusieurs centaines de personnes lisent chaque mois ce Forum, si peut-être 1% de ce lectorat prend conscience de l'importance des questions dont on a parlé, alors la mission est accomplie. je constate simplement (et c'est un phénomène également observable à l'étranger) que la question des sources est beaucoup plus d'actualité qu'elle ne l'était il y a 10 ou 15 ans, et que l'on a tendance à dire les choses plus facilement et plus ouvertement. On ne peut que s'en féliciter car encore une fois, il ne s'agit pas d'un travail nécessairement destructeur (comme tu sembles l'écrire), mais qui permet également de prendre conscience d'énormément de choses...et la magie de chacun ne peut s'en sortie que grandie...j'en suis convaincu.

Bravo à toi en tout cas pour avoir lancé le sujet et permis cette discussion...ET même si tu n'es pas convaincu par tout ce qui a été dit, le fait que tu poses seulement la question montre que tout cela ne t'es pas indifférent... ce qui est bien l'essentiel.

Seb.

[ 22 octobre 2001: Message édité par : Seb ]

Publié le

Merci à Emmanuel de lancer le débat et à Dominique de préciser les choses...

La question des sources n'est pas un débat qui n'intéresse qu'une soi-disant "élite", mais est un problème ESSENTIEL qui est au coeur de la magie et du processus de création. Citer les sources n'est pas seulement "pour faire bien" ou "cultivé", c'est aussi une manière de replacer ta création (le tour, la manip, etc) dans un contexte historique et cela permet d'expliquer quel a été ton apport, et de dire en quoi tu as fait avancer le schmilblick. C'est également une manière de protéger ta routine en reconnaissant l'existence de ce qui a été fait avant, et en décrivant (c'est-à-dire en laissant une trace tangible) le fruit de ton travail. C'est une manière d'inscrire dans la pierre ce que tu as apporté à la discipline, et d'apporter des jalons dans l'évolution de la magie.

Du point de vue du lecteur (ou de celui qui apprend la routine), citer les sources est une manière de voir qu'il n'a pas affaire à un clown, et permet aussi de comprendre le cheminement de la pensée de l'auteur: tu pourras comprendre ce qu'il a changé par rapport au truc de base et crois-moi, on apprend énormément de la sorte, en voyant comment on peut partir d'un effet de base et comment, en changeant des bouts par ci-par là, on parvient à créer un truc génial... TOUT celà ne serait pas possible sans la routine originale et il me semble que la moindre des choses est de mentionner la routine originale, c'est-à-dire le point de départ de ta réflexion.

COMMENT une routine est créée est aussi important que la routine à proprement parler.

Tu dis que cette question des sources te paraît plus importante en magie qu'ailleurs...Je n'en suis pas du tout convaincu...Il me semble même justement qu'une fois de plus, nous magiciens sommes assez à la traîne. Regarde dans le domaine universitaire: les thésards sont obligés de donner la liste des ouvrages qu'ils ont consulté afin d'écrire leur thèse, ce qui signifie parfois des centaines d'ouvrages et des bibliographies de plusieurs dizaines de pages! Tout travail académique est considéré comme NUL si l'étudiant n'indique pas ce sur quoi il s'est basé pour écrire son papier. Idem dans le domaine de la recherche (scientifique, historique, etc), dans l'écriture de biographies, dans la musique (il y a bien une SACEM dont le fonctionnement est certes critiqué, mais qui existe bien). La magie ne me paraît pas être un cas isolé.

Tu n'es manifestement pas intéressé par le fait de connaître les sources, et personne ne va te le reprocher! Peut-être celà viendra-t-il au fil des années, peut-être pas...libre à toi! Cette question n'intéresse effectivement encore qu'une minorité de magiciens, mais il s'agit d'une minorité qui compte...celle qui fait avancer les choses: les auteurs, les inventeurs, ceux qui dirigent des magazines, des congrès, etc. Bref, ceux qui regardent chaque jour comment la magie se porte. Ceux qui cherchent des nouveaux talents, des nouveaux visages, des nouvelles idées. Ce n'est pas un hasard si le sujet est très à la mode. Je ne vais pas citer de noms ce matin car tout le monde les connaît, mais quelques-un des plus grands noms de la magie (les PLUS grands noms) sont aujourd'hui ostracisés par leur confrères pour leur avoir piqué des idées...et PERSONNE ne s'en fiche, surtout pas ces grands noms...La reconnaissance des pairs est essentielle pour un artiste et se mettre à dos certains de ces artistes revient à se mettre une partie de la profession à dos, et à se faire estampiller "voleur". Ceci est TRES grave. Les exemples sont nombreux, et il faut à chaque fois des années pour se débarrasser de cette étiquette néfaste.

Derrière chaque idée, chaque manip, se cache une ou plusieurs personnes, une histoire, un contexte historique, de la sueur, des nuits de travail. Derrière chaque nouvelle idée vendue, se cache un inventeur qui, crois-moi, ne recevra que TRES rarement de la gloire ou du pognon pour cette idée. Et pourtant ces inventeurs continuent à apporter des idées et à permettre à tous les magiciens, toi et moi compris, de continuer à bosser mieux, et plus loin. Tu regardes leurs idées à la télé. Tu t'extasies devant l'ingéniosité de la méthode. Et pourtant leurs idées sont piquées, commercialisées sans leur autorisation, chouravées dans tous les sens par des "Mister Paillettes" qui essayent de profiter de la situation pour s'approprier la chose de la manière la plus pernicieuse qui soit: sans dire que l'idée n'est pas d'eux, mais sans non plus dire qu'elle ne l'est pas, de façon à ce que l'on associe, à la longue, leur nom à cette idée. Vieille pratique qui a fait les beaux jours des plus grands piqueurs que la magie ait jamais connu au fil des années (et l'on peut remonter comme cela aux années 50, 60, 70...).

Les inventeurs sont des gens fragiles, par définition. Ecoeuré par tant de pratique, beaucoup ont arrêté de créer. A chaque fois c'est toi, moi et nous tous magiciens qui sommes perdants. Il doit même falloir posséder un fond de masochisme pour accepter de sortir une nouvelle idée, car ce que tu reçois de la part des magiciens est sans commune mesure avec ce que tu donnes.

Je te le répète, la question des sources est TRES concrète... Ce n'est pas un vague débat éthique sur le pourquoi du comment, mais une question qui est au coeur de ce que tu fais. De plus en plus de personnes (au premier rang desquels les Mister Paillettes en question) prennent progressivement conscience de cet état de fait, et rectifient le tir. Crois-moi, tu n'apprendras jamais autant qu'en te renseignant sur l'origine d'une idée..Tu recevras 10 fois plus que ce que tu venais chercher, et ta magie s'en ressentira.

Je m'amuse quand on dit qu'un tel ou un tel est un puit de culture magique...car TOUT LE MONDE devrait être un puit de culture magique...Chaque magicien devrait être capable d'expliquer ce qu'il fait, comment et pourquoi il le fait, et grâce à qui il le fait. Un bon magicien est celui qui COMPREND ce qu'il fait, et connaître les origines de son tour (et de la magie en général) est une manière de mieux comprendre la discipline qu'il pratique.

Seb.

[ 21 octobre 2001: Message édité par : Seb ]

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
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