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Monsieur Koons, nous présente coloring book qui joue avec la transparence alors que l’œuvre ne l'ait pas ! Suis je limpide ?

Tout à fait... :)

merci pour ce partage ! c'est chouette ! très chouette !

amic'

Ju'

Choose your battles wisely.

Publié le
KOONS EST UN GENIE !!

Face à cette assertion péremptoire et non-argumentée, on peut lire avec attention d'autres avis pour se forger le sien, par exemple celui de Jean Clair :

Jeff Koons est devenu l’artiste le plus cher du monde. La mutation s’est faite à l’occasion des transformations d’un marché de l’art qui, autrefois réglé par un jeu subtil de connaisseurs, directeurs de galeries d’une part et connaisseurs de l’autre, est aujourd’hui un mécanisme de haute spéculation financière entre deux ou trois galeries, une maison de ventes et un petit public de nouveaux riches. Koons ne se présente plus échevelé comme les romantiques, moins encore nu et ensanglanté comme les avant-gardistes des années 1970, mais comme un trader, attaché-case à la main et rasé de frais, fondu dans son nouveau public comme si, à défaut de faire oeuvre, l’involution en avait fait un Homo mimeticus.

Plaisir de l’avilissement, reflet de ce que Proust eût appelé le snobisme de la canaille, propre aux élites en déclin et aux époques en décadence. L’objet d’art, quand il est l’objet d’une telle manipulation financière et brille d’un or plaqué dans les salons du Roi-Soleil, a plus que jamais partie liée avec les fonctions inférieures, exhibant les significations symboliques que Freud leur prêtait.

L’art de l’abjection nous entraînait dans le postprandial : ce que le corps laisse échapper de soi quand on a digéré. C’est tout ce qui se réfère à l’abaissement, à l’excrétion, au scatologique. Du culte à la culture, de la culture au culturel, du culturel au culte de l’argent, c’est tout naturellement qu’on est tombé au niveau des latrines : Marc Quinn et son buste fait de son propre sang congelé, Orlan et sa chirurgie faciale, Gober et ses sculptures en cire et en poil humain, Damien Hirst et ses animaux disséqués dans du formol, Gasiorowski usant de ses propres fèces pour confectionner son jus d’atelier, Serrano et son Piss Christ et, avec eux, envahissant, ce compagnon accoutumé de l’excrément, son double sans odeur : l’or, la spéculation, les foires de l’art, les entrepôts discrets façon Schaulager à Bâle, ou les musées anciens changés en des showrooms clinquants, les ventes aux enchères, enfin, pour achever le circuit, faramineuses, obscènes...

Quel sens cela a-t-il ? Pourquoi le socius a-t-il besoin de faire appel à ce ressort "artistique" quand son ordre n’est plus assumé ni dans l’ordre du religieux ni dans l’ordre du politique ? Est-ce le désordre scatologique, qui s’étale et qui colle, qui peut nous assurer de cette cohésion qui lui fait défaut ? Je serais tenté de citer le philosophe Agamben, son Homo sacer (Seuil, 1997-2003), fascination et répulsion, tabou et impunité. Ce sacer, dans les années 1930, des gens comme Leiris, Caillois et Bataille en avaient fait l’assise de leur esthétique, une littérature, mais aussi un art fondé sur le dégoût et la volupté de l’immonde.

Tribune parue dans Le Monde du 2 octobre 2010

Jean Clair est "conservateur général du patrimoine et écrivain. Ex-directeur du Musée Picasso, membre de l’Académie française, historien d’art ("Autoportrait au visage absent", Gallimard, 2008). Polémiste, il a publié en 2009 "La Tourterelle et le chat-huant" (Gallimard) et "Zoran Music : apprendre à regarder la mort comme un soleil" avec Charles Juliet et Ida Barbarigo (Somogy éditions d’art)."

Les extraits ci-dessus sont tirés de cet article qui ne manque pas d'intérêt :

http://www.lafauteadiderot.net/Contre-l-art-des-traders

Publié le (modifié)
Monsieur Koons, nous présente Coloring Book qui joue avec la transparence alors que l’œuvre ne l'est pas ! Suis-je limpide ?

On voit mieux ce qui crée principalement - en plus de la partie échancrée - cette illusion de transparence, à savoir la réflexion, à partir de 4'40 :

[video:youtube]

Une très jolie photo de l'oeuvre ici :

Jeff Koons, Coloring Book - Royal Academy of Arts, London

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Un autre point de vue sceptique sur Koons :

Vous connaissez ma grande passion pour l'art contemporain, dont je dénonce, parfois, les loufoques dérives. La dernière exposition des oeuvres de l'ancien trader Jeff Koons à Versailles, m'a donné envie d'en remettre une couche ! Les oeuvres très kitschs du célèbre "artiste", sponsorisé par François Pinault, dont certaines étaient exposées sur le toit du Métropolitan Museum of New-York, cet été, sont l'archétype d'un épuisement de l' oeuvre d'art dans le signe consumériste, de l'art de faire prendre des vessies pour des lanternes, de la confusion entre l'oeuvre artistique et de l'objet de consommation. Koons ne met même plus la main à la pâte, se contentant de diriger une équipe d'artisans pour forger ses Mickey, ses "Doudous" colorés, ses "chienchiens" à leurs mémères ou ses Michael Jackson sucrés !

Bref, l'art koonien ne nécessite d'aucun savoir-faire quelquconque, mais exige une grande compétence en relation publique et une savante stratégie médiatique.

Sacré puis séculier, presque toujours avant-gardiste (sauf aujourd'hui !), remettant en cause les valeurs bourgeoises et les codes établis, l'art est aujourd'hui intégré dans les plans coms des multinationales, récupérés par ce même bourgeois qui en a fait une simple marchandise décorative, comme le disait Sylvana Lorenz, chargé de la com de l'Espace Cardin. Damien Hirst ? Koons ? C'est marrant, fun, sexy, coloré, sucré, bref, fashion, classieux, ça en jette, chez les nouveaux riches !

Source : http://tietie007.over-blog.com/article-27898484.html

Modifié par Christian Girard

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    • Pour moi c'est un mur de pierres et non un mur de briques. Mais sans jeter la pierre, l'illusion ne casse pas des briques. Si vous voyez l'objet fétiche de Dai Vernon et de Christien Fechner, c'est en fait que vous n'y voyez que du feu ou presque.
    • L'exercice est amusant donc je vais m'y coller aussi : 1) "nous ne nous somme jamais rencontré auparavant, n'est-ce pas?" Quel magicien avez-vous déjà rencontré ? Si la personne ne nous cite pas : "Et moi ?" ; La personne va répondre "si, là" où quelque chose du genre et j'ajouterai "Mais jamais auparavant ? En êtes vous bien sûr ?" (Avec un ton pour introduire le doute) Si la personne nous cite : "Ah oui ! Mais...Où ça ? Quand ?" Là soit la personne nous a déjà vu en spectacle et dit à tel endroit tel jour, soit elle répond "Non, mais là, aujourd'hui" ou quelque chose du genre. Peut importe les réponses, ce qui compte est que ça vienne de la personne. 2) "c'est votre choix, vous voulez en changer?" Pour moi cette phrase est banale et simple et je la laisserais comme ça. En tout cas j'éviterais de la changer pour une phrase plus complexe. Au contraire, je me limiterais même à "Voulez-vous changer ?" 3) "on ne voit pas à travers l'enveloppe, n'est-ce pas?" Le mieux est pour moi le constat énoncé par le spectateur : Première étape : "Mettez votre main dans ma poche et sortez-en son contenu." J'aime demander à un moment à un spectateur de mette sa main dans ma poche car pour les spectateurs comme pour la personne qui va le faire, il y a un moment de mystère (qu'est-ce qu'il ou elle va en sortir ?), de curiosité. D'autre part la situation peut permettre la sortie d'un gag (objet incongru suivi de "Ah pardon ! L'autre poche !") ou d'une line. On est tenté de crier au moment où le spectateur insère sa main dans la poche mais là pour le coup on est dans le gag vu et revu (même si ça marche encore). Deuxième étape* (l'objet sorti est donc une enveloppe ici) : "Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur ?" La personne répond "Rien". Je répond "Rien c'est rien mais c'est déjà quelque chose comme disait Aristote !" *Si l'enveloppe contient une prédiction, sauter cette étape. Troisième étape : "Plaquez l'enveloppe sur vos yeux. Que voyez-vous ?" Là aussi, le but est que ce que qu'on veut affirmer vienne du spectateur. Le point technique sur lequel il faut être habile est de faire en sorte que le spectateur parle fort et/ou être assez prêt de lui pour qu'il bénéficie du micro qui est sur vous sans que vous soyez contre lui non plus. 4) "mettez-le dans votre poche, je ne veux pas y toucher!" Juste "Mettez-le dans une poche" ou "Mettez-le là ou personne n'ira". C'est simple. Le "Je ne veux pas y toucher" est évident. 5) "Imaginez-vous votre dessin sur un grand écran blanc!" Là on peut trouver plus original : Par exemple : "Rêvons un peu. Vous êtes sur une plage paradisiaque, vous venez de vous baigner et vous profitez maintenant du Soleil en dessinant sur le sable. Imaginez votre dessin sur le sable, le Soleil qui se couche lentement sur cette image qui n'existera plus lendemain, emporter par le vent ou les vagues". 6) "Récapitulons!" Récapitulez directement. Mais en général, cela signifie que la procédure était longue donc la question à se poser serait plutôt "Que pourrais-je couper pour que la récapitulation ne soit pas nécessaire ?". On se sent souvent le besoin de récapituler pour enfoncer le clou sur certains choix, certaines impossibilités mais souvent, ça alourdit juste la routine.  
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