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En plus de la magie, je fais du théâtre – ça se voyait beaucoup dans ma signature alors, hop, je la remets…

En lisant ce forum – et les réponses à la réflexion « Un peu de tout ou tout d’un (peu) ? », une différence flagrante apparaît entre ces deux arts ( à mon avis, jeter pas les pierres… ).

En théâtre, j’entends souvent les metteurs en scène dire qu’ils veulent respecter au mieux la pensée de l’auteur, coller au plus proche…

Ici, je vois que chacun veut avoir son style.

Pourtant, il me semble que tout le monde ne présente pas des tours de son cru mais des tours existants.

Or ( et c’est là le sujet de la réflexion ( entendre que ce n’est pas une critique mais une interrogation de ma part… ( je précise parce qu’on me dit souvent qu’avec moi on ne sait pas si c’est du lard ou du cochon ( en l’occurrence, c’est juste une question… )))), vous semblez sous-entendre qu’il faut s’approprier le tour, qui à en changer les passes si elles ne nous plaisent pas…

On n’est donc plus dans le côté proche de l’auteur, mais plutôt on prend et on « s’approprie » ( c’est pas méchant, c’est le premier terme qui me vient à l’esprit ).

Il me semble que si de grands magiciens sont devenus célèbres, et leurs tours plus encore, c’est qu’ils ont eu le génie et le temps d’y réfléchir. Je me vois mal changer quoi que ce soit et en général, je me sens capable ou je garde pour plus tard, mais je ne change rien…

Peut-être mon côté théâtre ? Qui expliquerait ma tendance à présenter plusieurs tours d’un auteur…

Je suis à côté de la plaque ?

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Publié le

Bonjour Eric,

Je trouve ta réflexion interessante car en partie nouvelle, dans l'approche notamment. C'est donc avec plaisir que je vais poster cette réponse.

Tout d'abord, ma maigre expérience du théatre me laisse penser que quelques théatreux se laissent également le plaisir d'adapter...et même de créer, sans pour autant se prendre pour des auteurs majeurs.

La mise en scène est un élément fondamental de l'adaptation : le texte peut-être joué mot pour mot et prendre un sens différent, une ambiance, une ironie, voir même un contrepied simplement par le jeu, les costumes les jeux de scène etc...

ou s'arrête l'analogie possible entre théâtre et magie ?

il met en scène

je change des techniques

il respecte le texte

je respecte l'effet...

stop !

en fait je peux aussi bien ne pas respecter l'effet...souvent même l'auteur lui-même propose des variantes...

combien de fois as tu vu dans des ouvrages de magie :

"forcez une carte par la méthode de votre choix"

(et moi de me souvenir du dépit que j'éprouvait lorsque je lu pour la première fois cette phrase qui résonnait comme une sentence...faire un choix !)

ou bien "si vous ne savez pas faire un saut de coupe, vous pouvez utilisé une double coupe"

(A l'époque, je me lançait dans un entraînement intensif : hors de question de se laisser aller à la facilité, de livrer un tour "light")

Il existe donc une forte culture de l'adaptation dans la magie, et ceci car la magie n'est pas qu'un divertissement de scène, mais également un divertissement "mondain" (au sens de la rencontre et du lien social) et qu'il est parfois nécessaire d'adapter les techniques au contexte (des gens sont sur ta droite, derrière toi, etc...tu n'as pas le matériel habituel à portée de main...), mais aussi son propos aux spectateurs (car il y a une intéraction globablement plus forte qu'en théâtre).

Jamais, (quoique ca a du arriver, j'en suis sur...) un auteur ne proposera une fin alternative à une pièce, ni un "encore"

Jamais (là je serais plus affirmatif), un auteur n'écrira "si vous ne savez pas feindre la colère, vous pouvez feindre la tristesse, dans se cas là, la réplique deviens : [etc...] se référer à la page 34 pour une description de la colère"

Ta démarche de travail par auteur n'est pas pour autant inintéressante et je l'ai déjà précisé.

Rajoutons en une couche dans la comparaison :

En magie, comme tu le dis si bien, on s'approprie le tour : à force de le présenter, une, dix vingt, trente, cent fois, on s'aperçoit que certaines choses marchent et d'autre pas, et comme nous ne sommes pas des génies (donc pas capable de reproduire exactement les gestes d'un Marlo ou d'un vernon, par exemple), il nous faut adapter...l'important étant que ce que l'on voulait faire passer (l'étonnement, le propos) passe le mieux possible.

Dans les comédies de boulevard, si le but est de provoquer un rire, les comédiens ne se privent pas pour modifier le texte afin d'obtenir ce qu'ils cherchent, car ils possèdent, au bout de la 100e, la pièce sur le bout des doigts...

tout dépend ou tu regarde dans le théâtre...et ou tu regarde dans la magie.

mon principal propos quant à moi demeure que la magie ne possède pas toujours de scène pour s'exprimer. (note: il est possible de définir un espace scénique implicite, tacite). Lorsqu'on est privé de l'espace de maîtrise qu'est la scène, on s'aperçoit qu'il n'est pas toujours possible au détour d'une conversation, de respecter l'esprit de jennings pour tel ou tel tour,car il faut également "faire avec" soi, son image sociale et son public du moment...équation qui réduit les chances de présenter quelquechose un jour à quelqu'un...

au plaisir de te lire.

Alex

Publié le

ah... enfin un débat...

pour ma part, je trouve la question intéressante mais biaisée... biaisée de part la considération que tu as pour le tour lui même.

je m'explique : un tour pour moi n'est qu'un outil au service du spectacle... et son créateur un technicien au service de son art... pour moi le créateur d'un "tour" (au sens découverte d'une technique pour arriver à un effet) n'est pas un "auteur"...

la meilleure comparaison que j'ai pour cela est le piano... l'inventeur du piano peut être considéré comme un créateur, un génie, un artiste (bien entendu), un accessoiriste... mais pas comme un auteur...

Les magiciens créateurs de tours, se conduisent comme des auteurs, c'est à dire qu'ils créent un piano avec la musique qui va avec... mais pour moi, rien n'empêche d'adapter l'outil à une autre utilisation après coup...

maintenant, faisons la comparaison avec le théâtre... si je crée un spectacle complet en magie (ou même juste un numéro de magie) comprenant un début, une histoire et une fin... il est évident que la personne qui va l'interpréter devra coller au plus près à la version originale si elle veut coller à l'idée de départ... cela dit, cela implique que l'interprète et le metteur en scène aient aussi quelques compétences techniques leur permettant de comprendre et d'appliquer les principes magiques... et c'est là qu'on en arrive à la confusion de départ sur le terme "d'auteur"... c'est que justement les magiciens ont pris l'habitude d'écrire pour eux même car ils savent qu'ils ont (à priori) les compétences techniques pour interpréter eux mêmes leur inventions.

le gros problème chez les magiciens est qu'ils ne considèrent leur art que sous un seul angle : l'aspect technique de leur performance

ils en oublient le principal qui est de se former ou de s'entourer... dans la mise en scène, l'interprétation théâtrale, la technique, les décors, les costume et surtout l'écriture.

tout cela pour dire qu'un magicien peut être un excellent technicien, ou un excellent interprète, un bon auteur ou un bon créateur mais qu'il est quasiment impossible d'être bon dans tous ces domaines à la fois... et que c'est la confusion des genres qui crée la confusion dans la notion d'interprétation d'un tour comme dans la question du départ

ah bah tiens !...

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    • Peut-on en savoir un peu plus sur les conditions d'obtention de ce trophée ? Quelles personnes choisissent à quel magicien il doit être remis ? Est-ce toujours le même jury si il en a un ? Existe-t-il un cahier des charges avec les conditions ou critères d'obtention de ce trophée ? J'ai compris que c'était le cercle magique de Paris qui organisait la remise du trophée. Pour l'instant, j'ai l'impression (et il n'y a rien de péjoratif dans mon propos) que c'est quelque chose d'assez informel, pour mettre en valeur un artiste français créatif choisi par les membres du cercle magique de Paris. Peut-on avoir un rappel des lauréats depuis la création du trophée ? 2023 : ? 2024 : Coco Denoix 2025 : ? 2026 : Yann FRISCH Juste pour donner mon avis sur les magiciens qui mériteraient ce prix : L'un des magiciens français les plus créatifs en magie de scène et qui représente la France depuis pas mal d'année de l'autre côté de l'Atlantique est pour moi Xavier MORTIMER. En quick change, Léa KYLE a été une petite révolution. Elle a eu presque dès le début une émule, chose qui montre bien qu'elle a donné naissance à une nouvelle aire dans le domaine. Eberhard RIESE disait qu'un numéro de concours susceptible d'obtenir un premier prix mondial doit évedemment être original mais qu'il doit aussi déclencher une tendance (autrement dit des émules comme Danny COLE avec les apparitions de CDs ou An Ha Lim avec l'utilisation de cartes colorées dans un numéro de manipulation, en dehors du jeu éventail bien sûr). Etienne SAGLIO et Thierry COLLET en magie nouvelle qui ont élaborés des spectacles sortant vraiment de l'ordinaire. Philippe MOLINA, que l'on ne met pas assez en avant à mon goût et qui est quelqu'un d'assez discret qui mène sa barque tranquillement avec de très bonnes idées et des projets méritant une mise en lumière plus importante. Bien sûr, il y a les grands noms de magiciens créateurs : Alain DEMOYENCOURT, Mickaël CHATELAIN, Jean-Pierre VALLARINO, Bernard BILIS, Sylvain MIROUF, Dominique DUVIVIER, BEBEL, Boris WILD et j'en oublie sans doute. Je ne parle pas de Gaëtan BLOOM qui ferait évidemment partie de cette liste mais dont le nom est déjà associé (à très juste titre) à ce trophée.      
    • Bonjour Luc    Alors je te répond OUI ...... ET ...... NON 😃 et je ne suis pas normand mais presque  - Pour l'abandon du regime intermittent  OUI   - Pour la partie ENTREPRENEUR :   OUI Possible si bien sur tu as un RC +TVA+ RECEPISCE Entrepreneur (ex licence) ce qui te permet de faire de la recherche de travail auprès d'organisateur ce qui te permet de facturer ton temps, tes dépense et frais  sous le régime ME-AE pour cette activité pré-artistique Par contre la partie "réalisation"  du contrat en tant qu'artiste  reste taxable aux charges traditionnelles via ta casquette d'entrepreneur (Tu deviens ton propre patron) Honnetement , je ne vois pas l'interet de compliquer à ce point pour faire des économies de bout de chandelles .  Par ailleurs si vous travaillez à plusieurs sur un numero cela devient une "usine à gaz" ingérable  !!! Le responsable juridique est très clair et sans ambiguité ( c'est ce que je lui avais demandé par rapport au premier courrier de 2023 qui laissait des zones d'ombres ) :toute prestation artistique est obligatoirement salariée. Un autre point important : il faut faire un choix DEFINTIF  Tu ne peux pas être une fois "entrepreneur-Artiste "  et parfois "artiste" engagé  avec le GUSO    Suite  à la publication de cette mise au point précise de l'URSSAF , j'ai eu quelques appels  me mentionnant des cas précis : retraités travaillant en ME-AE bien sur sans licence/RC/TVA , idem pour des artistes dont ça n'est pas le métier principal  mais occasionnel souvent le WE  et portant préjudice à ceux dont c'est le metier principal . Après lecture  de la notification  URSSAF  ils sont bien tentés de se defendre pour faire valoir  la loi égalitaire pour tous .     
    • Ma petite conclusion de ce débat intéressant : Dominique Webb : Artiste ou Escroc ? Les deux mon capitaine ! Méritait-il un hommage dans la revue FFAP ? C'est un personnage emblématique de la magie en France donc il avait sa place dans la revue. Avec quelques retenues toutefois sur l'autre facette du personnage, le côté très commercial étant allé jusqu'à l'arnaque. De toute évidence, il a franchi la "limite de l'honnêteté" a quelques reprises. Il ne faut cependant ni minorer, ni amplifier ses actes. Il y a des faits : il a fait des choses pas bien et il en a fait d'autres de très bien sur le plan de l'image de la magie en France et de la découvertes d'autres artistes. Le mensonge est-il indispensable pour obtenir l'effet Placebo ? Il semblerait, chose étonnante, que non d'après cet article. Par extension au sujet qui nous intéresse, je ne suis pas sûr en revanche que ne pas user de la crédulité de certaines personnes pour les aider (sincèrement ou non) à aller mieux physiquement ou psychologiquement ne nuise pas aux "affaires" de certains. A mon humble avis, comme l'a dis Bourvil "ça marcherait beaucoup moins bien forcément !". Mais pourquoi ne pas essayer, comme dans cette étude sur l'effet Placebo avec ou sans mensonge, essayer de vendre honnêtement des médaillons porte-bonheur en disant que ce dernier n'a aucun pouvoir particulier mais que si "on fait comme si" , il peut avoir un effet psychologique se traduisant ensuite potentiellement par un effet physique (autrement dit un effet Placebo). Autre chose par rapport à un point sur les tours de magie abordé dans cette étude sur l'effet Placebo : je ne pense pas qu'un spectateur puisse apprécier autant et de la même manière un tour de magie ou un numéro si il en connaît les secrets. Il l'appréciera mais pas pour les mêmes raisons tout comme nous, nous apprécions les numéros de confrères alors que nous en connaissons globalement les rouages. Si je prend un des exemples les plus représentatifs, la lévitation, il est évident qu'un numéro comme la rose volante de Kevin James a bien plus d'impact sur les spectateurs qui n'en connaissent pas le secret que sur ceux qui, comme nous, en apprécient la technique et la mise en scène poétique. La différence d'impact est sans doute moindre pour certains effets ou numéros que pour d'autres car il y a ceux pour lesquels il y a d'entrée une impossibilité dès le départ comme la lévitation et ceux pour lesquels il n'y qu'une faible probabilité comme retrouver une carte choisie dans un jeu de cartes. L'envie de "connaître le truc" fait aussi partie de ce qui anime nos spectateurs et ce n'est pas une mauvaise chose. C'est normal. Ceux qui disent qu'ils ne cherchent pas le truc mentent. Ils le cherchent évidement sur le moment et même encore un peu après mais ils ne veulent pas absolument savoir. Ils sont contents de ce qu'ils ont vu, vécu et veulent en rester là. Ils ne poseront pas la question "Comment ça marche ?". Ils se la sont posé intérieurement (c'est inévitable, l'esprit humain est ainsi) mais ce n'est pas ce qui les intéresse le plus. Lorsque nous, magiciens, voyons en vrai ou en vidéo, un tour que nous ne comprenons pas, nous avons envie de le revoir pour comprendre. Nous retrouvons notre esprit d'enfant qui cherche à comprendre. Et c'est souvent ce qui nous conduit à acheter certaines choses alors même qu'on sait que dans beaucoup de cas, on va se faire avoir. Mais on le sait. On sait qu'il y a un truc. L'important est maintenant de savoir si c'est un truc génial (un truc simple auquel on avait pas pensé ou au contraire hyper ingénieux) ou si on nous a roulé de manière moins honorable (coupure au montage, meilleure sortie seulement présentée, jeu sur les angles, musique pour cacher un bruit conséquent,etc...). C'est ce qui fera de nous toute la différence entre un petit bonheur et une déception. Nous ne pouvons pas faire partie de ces personnes qui ne veulent pas savoir. Le seul moment où on se dit ça, c'est lorsqu'on est sûr que la méthode impliquée est trop complexe ou difficile pour nous, qu'on ne s'imagine pas le faire. Sinon, par le fait même que nous soyons magiciens, nous avons cette envie de comprendre. Les spectateurs d'un spectacle d'illusionnisme viennent pour être trompés. Ils savent que si l'artiste est bon, ils le seront. Cela semble être un comble mais oui "être trompé" est un besoin et ce pour une raison assez simple : l'illusionnisme touche a une limite, celle de ce qui est réalisable dans notre monde et l'impossible. Contrairement à un film ou à un livre, les effets se produisent réellement, sur une scène ou une table, devant nos yeux. C'est pour cela que j'ai toujours défini l'illusionnisme comme étant l'art de donner une réalité à des choses impossibles, chose que ne peut pas faire le monde du cinéma ou de la littérature car on passe par des supports que sont l'écran ou le papier.
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