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Bonjour à tous,

Je me pose la question à savoir si vous accordiez autant d’intérêt a vos numéros sur scène qu'a vos décors ?.

Pour ma part je pense que pour un spectacle enfants comme un spectacle adultes le décor est la première chose que les spectateurs verront et que de ce fait l'ambiance du spectacle dépend énormément du décor.

Je peux me tromper mais chaque fois que le rideau se lève et que la scène comporte uniquement des guéridons je me dit que je risque d’assister à un spectacle moyen.

L'humoriste voir le mentaliste peuvent se passer de décors puisqu'ils nous emportent dans leur monde.

Mais un magicien devrait impérativement consacrer un peu de temps à ce qui semble n’être qu'un détails pour lui mais qui reste à mon sens un élément majeur du spectacle.

Et vous, que pensez-vous de cette réflexion ?

Avec ou sans décor ?

Merci de votre retour.

Modifié par Thomas

.

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Publié le

Cela dépend évidemment du type de spectacle.

Pour ma part, je pense que c'est important car effectivement cela donne un premier aperçu pour le spectateur sur ce qu'il va voir.

Cela créé une ambiance sans être encore rentré sur scène. Mais je parle de mon cas personnel et mes spectacles ne sont pas des spectacles uniquement de magie. Ce sont des spectacles jeunes publics.

Publié le

J’imagine qu’il n’y a pas de réponses toutes faites :

Cela va dépendre du magicien.

Prenons Arturo Brachetti, que j’avais vu avec un décor immense qui s’ouvrait comme un livre, une reconstitution de grenier etc.

Et qui fait aussi de très bons numéros avec juste un paravent noir en fond.

Comme le dit Andy, le risque d’un décor trop fouillé, c’est qu’il perde l’œil du spectateur, et dilue donc l’attention qui devrait se porter sur l’effet magique.

On peut donc avoir un décor intéressant, mais il faut dans l’absolu qu’il se fasse oublier quand commence la partie magique.

C’est au magicien de prendre le pas sur le décor, et si le décor est trop intéressant, cela lui complique la vie, non ?

Mais il y a des modes sur la question :

On a vu dans les temps anciens des décors reproduisant des scènes de vie, style Robert Houdin avec des meubles de qualité.

Ou des décors stylisé, façon toile peinte comme au théâtre de la renaissance.

Dans « le livre « la prestidigitation du XX° siècle » (tome 2 : tours divers, édition 1960), Hiliard dit ceci (page 366, avec des illustrations très intéressantes à analyser…)

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« Pour obtenir du succès la Magie doit avoir l’apparence de la spontanéité. Cela est rendu impossible avec une scène surchargée de tables et d’appareils.

De plus, tout ce qui tend à détourner l’attention du public de l’artiste doit être éliminé.

Le spectateur voit tout et rien durant la représentation ci-dessus et ne peux pas suivre l’effet que le magicien présente. »

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« Cette scène est peut-être trop simplifiée ; mais elle illustre le point que le magicien est capable de concentrer tout son attention sur le tour qu’il fait et de pouvoir se mouvoir librement sans crainte de renverser une table ou du matériel. Il est essentiel que la mise en scène plaise à l’œil et on peut atteindre plus facilement ce but par une élégante simplicité de lignes que par une surcharge d’objets. »

Il est amusant de voir qu’Hilliard présente la seconde scène comme étant trop simple, alors qu’il y a quand même deux tables avec des objets dessus…

Autres leçons de ces illustrations :

La lumière :

On peut gommer le décor si on dispose d’une gestion de la lumière suffisante.

Le fond :

Dans un cas, le fond est couvert de dragons et de chinoiseries sans rapport avec le spectacle, qui donnent un aspect camouflage à ce qu’on met devant, y compris l’artiste.

Dans le second, ce n’est pas un fond uni, mais juste une séparation en deux couleur évoquant vaguement une montagne, mais uni et sans sens précis suggéré.

Bien souvent, nos fonds de scène modernes sont monochromes, sans paillettes et sans rien qui puisse capter l’attention, laissant ce qui est devant prendre un sens en fonction des volontés de l’artiste.

De la même façon, on a des choix à faire au niveau du costume :

Les paillettes étaient très bien vue il y a une 50taine d’année en cabaret.

La mode est à des choses plus sobres maintenant, je crois.

C’est une chose que l’on peut étendre aux bijoux :

Des bijoux scintillants, en plein projecteurs, sont autant de miroirs qui vont perturber la vision de ce qu’on regarde…

(Une exception amusante : un magicien faisait des tours avec au poignet un bracelet scintillant très macho.

Je prenais note de le lui signaler à la fin, quand il est apparu que cela faisait partie du tour, et que ce machin brillant était FAIT pour être vu et remarqué… très fort…)

Bref, c’est à chacun de trouver l’équilibre entre son besoin de paraitre, le style du lieu, le style du numéro, le public…

Perso, en numéro normal, je suis en noir, et j’aime un fond uni, sombre si possible.

Mais il faut que l’éclairage soit bien fait, pour que je reste visible, ce n’est pas un numéro de lumière noire ;)

Cela laisse ressortir mains, visages et accessoires.

Mais un fond blanc est bien aussi (j’ai joué devant un écran de projections blanc, c’est pratique pour faire des tours ou les couleurs interviennent, car je n’avais pas la main sur l’éclairage…).

En médiéval, j’ai un costume plus coloré (bouffon), mais toujours avec des aplats de couleurs par moitié du corps, pas un costume d’arlequin !

Mes grelots ne sont que peu réfléchissant, j’ai veillé à les ternir…

Le but est d’avoir un costume approprié, mais pas anodin, et qui puisse se faire oublier aussi, et laisse se détacher proprement les accessoires tenus devant soi.

Idem pour le fond, les objets présentés au public doivent être visibles, et non camouflé par le fond.

Gilbus.

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Bonjour,

Et vous, que pensez-vous de cette réflexion ?

Avec ou sans décor ?

Pour prolonger ce que dit Gilbus à propos des décors "dans les temps anciens", il y a eu toute une génération de prestidigitateurs au milieu du XIXe siècle qu'on a appelés plus tard les "decorative conjurers" ou encore les "mechanical conjurers" : tout particulièrement Philippe en France, Anderson (the Wizard of the North) au Royaume-Uni, Döbler en Autriche, Le Tort en Scandinavie. ces artistes ont fait le tour d'Europe ou du monde avec des montagnes de matériel et de décors. Ils accordaient une attention toute particulière à l'abondance et à la somptuosité de leur matériel, qui était exposé en fond de scène comme un décor. Et tout cela participait largement à l'émerveillement qu'ils suscitaient à travers le monde.

P.

Publié le

Je vais donner mon sentiment sur cette question du décor dans un numéro de magie. Mis à part quelques cas particuliers (mise en scène théâtrale où le décor renforce l'atmosphère de l'histoire, magie pour les enfants,..), je suis plutôt un adepte du minimalisme. L'émotion m'emporte quand l'artiste, seul sur scène, évolue dans un monde où seuls la musique, la lumière, les mots, l'expression corporelle, le costume de scène, l'accompagnent dans sa performance en participant à la création de son univers magique (poétique, dramatique, comique,...). La pureté de la mise en scène me semble être mieux adaptée aux spécificités de l'art magique.

Alors oui, quand le rideau se lève et que je vois Yu Ho Jin au centre de la scène, seul, le regard tourné vers le ciel d'où provient une lumière divine, accompagné par une musique sublime qui envahit l'espace, je frissonne.

Publié le

On associe souvent décor et présence d’une histoire, d’une ambiance, dans un numéro.

Parlons donc histoire et ambiance :

On peut avoir une option théâtrale :

Alors, le décor entre dans les conventions, c’est un passage quasi-obligé, car théâtre et décors sont en phase depuis des centaines d’années…

Cela ne veut pas dire que le décor doit être envahissant, c’est un renfort pour poser l’histoire.

Il est du coup limitatif s’il est trop descriptif et précis :

Un seul lieu, a moins de prévoir des astuces scéniques pour rendre le décor adaptable aux lieux ou vont évoluer les personnages… ce qui n’est pas gênant si tout se passe dans un seul lieu ;)

On dispose rarement d’une machinerie pour changer le décor en magie… ;)

Bien entendu, il existe du théâtre sans décors physique, ou avec un décor stylisé.

Ce n’est pas le plus facile à jouer…

Mais bon, je laisse les acteurs en parler, je n’en suis pas un…

On peut avoir aussi l’option conte :

La plupart des conteurs que je connais n’utilisent pas de décors, juste un fond de scène ou un jeu de lumière.

Une scène vide suffit dans 80% des cas, et la plupart des autres se contentent d’une chaise.

Ou juste une petite table, et quelques objets s’il s’agit d’un conte à objets, qu’on doit poser quelque part.

Car le conte permet une grande liberté de lieux, d’actions, de personnages :

Tout décor montrant un lieu précis serait une chose à effacer dès que l’histoire va évoluer en dehors de ce lieu.

Le conteur fabrique le décor lui-même, en racontant l’histoire :

Une partie de la scène deviens une forêt, une autre un champ de bataille, une autre une chambre :

On associe un emplacement « vide » de la scène à un décor qu’on construit dans l’imaginaire du spectateur.

Une fois ces décors imaginaires posés, ils ne bougent plus :

Ainsi, en faisant un pas, on entre dans la forêt, sans avoir besoin de le dire (mais on doit le faire sentir (posture, regard, tonalité…)

L’intérêt du décor imaginaire, c’est qu’il fait travailler la visualisation de chaque spectateur :

Quelques touches, quelques détails, et le public construit lui-même le décor, ce qui est économique, et surtout participatif : quand on laisse des choses à créer par le spectateur, il ne les en aime que davantage, et cela renforce son intérêt.

En ce sens, un vrai décor très descriptif va limiter l’imaginaire, en lui donnant une forme précise.

Le conteur joue aussi sur la notion de zoom :

Il peut concentrer l’action entre ses deux mains rapprochées, ou au contraire l’envoyer au loin, dans n’importe quelle direction, et l’espace scénique n’existe alors plus vraiment, on n’a pas de limites...

D’autre part, cette option dépouillée est liée à la structure même du spectacle conté :

Le conteur est sur la scène, il ne disparait jamais très longtemps, même s’il incarne à l’occasion un personnage.

Sa présence sur scène le rend intemporel, il n’est pas limité à l’histoire qu’il raconte, n’en fait pas partie directement (dans la plupart des cas ;) ), placer le conteur dans un décor lié à l’histoire est donc inutile.

Enfin, il n’est pas rare qu’on raconte plusieurs histoires dans le spectacle, et ces histoires auront parfois du mal à tenir dans un même décor, en termes d’ambiances, d’époques, et de lieux évidemment.

Je me souviens d’un spectacle dans une maison de retraite.

L’animatrice, pensant bien faire, avait mis l’espace scénique à côté d’une télé grand écran, et mis un film genre « feu de cheminée en boucle », pensant nous faire plaisir en créant une ambiance « veillée au coin du feu »... de quoi en tout cas enlever 50% d’attention au public qui va se faire hypnotiser par les jolies flammes…

Il a fallu éteindre la télé, et même la recouvrir d’un drap pour la faire disparaitre, et avoir une place nette pour construire nos propres ambiances et décors, dans la tête des gens.

La présence d’un décor très descriptif est intéressante si on peut le faire disparaitre ensuite :

Il faut alors avoir une maitrise de l’éclairage, pour déterminer ce qui doit rester visible ou pas, suivant les moments du spectacle.

C’est rarement le cas, hélas, créer des effets lumineux demande beaucoup de travail, et ne peux être porté dans tous les lieux.

A vous de voir ce que cela peut représenter pour votre magie…

Gilbus.

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Je pense en effet, que pour un spectacle adulte le décors peut être minimaliste.

Mais si en plus le décors est immersif c'est mieux.

Comme celui je Julien:

Mais concernant un spectacle enfants le décors doit être nécessaire.

Le décors de Sébastien est magnifique:

La fantastique boutique de Monsieur Guss:

http://www.senseneveil.com/spectacle-de-noel.php

ou

il y a aussi celui de Greg 8m de long:

Celui de Martial est génial:

Le plus dingue c'est celui d'un marionnettiste que j'ai en ami sur Facebook lui il fait tout en 3d sculpté dans du polystyrène !!!

On peut y suivre la création pas à pas .

https://www.facebook.com/pages/Zygomar/760467340636464?ref=bookmarks

Je vous propose de partager les meilleur décors de spectacles toutes discipline confondues.

Belle journée à tous

.

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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