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Publié le

Salut Jean Yves,

Et bien moi je suis entièrement de ton avis, et ce depuis belle lurette.

La magie doit être dissociée du secret qui, au final, n'est pas si important.

Un magicien qui présente aujourd'hui un tour en ne s'appuyant

que sur le truc dans l'espoir "que ça marche", c'est un peu dépassé.

On ne peut pas ne pas prendre en considération l'évolution de notre

société : Internet, la vidéo, les DVD, les marchands etc... Et ça

n'a rien de triste, contrairement à ce que je lis ici ou là, c'est juste

la réalité (du moment).

Qu'on le veuille ou non, les gens savent qu'il y a un truc : le mystère

magique repose sur d'autres ressorts, plus psychologiques que

mécaniques et il est super grand temps que les magiciens pros

ou amateurs l'acceptent.

Regardez par exemple Viktor Voitko avec ses anneaux chinois qui

volent : il a su combiner un vieux truc à de nouvelles choses pour

proposer un numéro non seulement magique mais aussi mystérieux.

D'autres le font très bien : Jack Barlett qui s'amuse avec les nouvelles

technologies (ou pas) pour proposer aussi de nouvelles voies,

le mouvement Magie Nouvelle (qu'on aime ou pas) qui détourne

complètement l'importance du truc (on ne cherche pas à comprendre)

ou d'autres magiciens humoristiques comme Penn et Teller pour

qui le truc est secondaire, leur objectif étant d'amuser et d'éduquer

leur public.

Magiciens, faites cette expérience : une carte retrouvée par l'astuce

d'une carte clé. Faites le de façon un peu grossière mais en prenant

garde de ne pas trop flasher le truc.

Expliquez ensuite le tour (vos amis seront ravis).

Puis proposez une autre expérience : en fait le même tour avec la

même astuce mais complètement détournée et mise en scène. Vous

verrez que non seulement vous mystifierez votre public mais qu'en

plus, surtout si vous en rajoutez, vous passerez pour un "vrai"

magicien. Et pourtant, il s'agira du même tour, amené différemment,

mis en scène, renforcé par des astuces psychologiques.

Bref, très belle vidéo pour ma part et, même si des gens que je

connais l'ont vue et qu'ils m'en parlent, rien ne m'empêche de faire

la même chose différemment.

Finalement, un ébéniste n'est pas si différent d'un magicien : il a ses

fondamentaux, les secrets communs à tous les ébénistes, et après

il a ses propres secrets de fabrication qui font de lui un artiste

recherché (ou pas).

Un magicien peut se contenter de ne baser ses effets et numéros que

sur le secret de base, qui devient de plus en plus connu du grand

public, ou aller plus loin dans la démarche et s'affranchir du cadre

commun pour explorer d'autres voies... Le "vrai" secret est plutôt

ici à mon avis, dans la capacité du magicien à s'ouvrir à d'autres

arts.

D'ailleurs, tous les magiciens qui ont entrepris cette démarche et

que j'ai rencontrés partagent le même point de vue et bien souvent

ne fréquentent plus le milieu magique à cause de son manque

d'ouverture.

Les secrets de base sont de plus en plus utilisés par d'autres artistes,

comme les comédiens par exemple : un magicien qui ne sort pas de

cette démarche, aujourd'hui, ne pourra pas s'en sortir sur le long

terme.

Regardez les derniers champions ou vice champions :

- Yann Frish : on sait bien qu'il fait du lapping mais son sens du

timing, sa capacité à jongler, sa mise en scène nous (me) transporte

- Pilou met en scène un gavroche et manipule en dansant

- Norbert Ferré allie humour clownesque et virtuosité

- Mikaël Szanyiel et son mélange de mime avec d'autres trucs...

Bref, la magie ne peut pas se résumer au simple truc qui ne reste

qu'un moyen de produire la magie.

On en discute quand tu veux Jean Yves ! :)

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Publié le (modifié)

Joli post qui ne reste qu’un avis et en rien une démonstration.

Ton avis repose sur un argument que je partage : le secret n'est que l'une des techniques utilisée.

Néanmoins je n’arrive pas aux mêmes conclusions.

Surtout parce que les exemples que tu donnes (Pilou, Frish, Szanyiel…) sont des exemples ou la composante essentielle est le personnage.

Or, le personnage n’est pas la composante essentielle de ma production. Ce qui m’intéresse, ce que je veux mettre en avant, c’est la magie et le sentiment magique. Et mon avis est que ce sentiment ne peut naitre que si je présente une impossibilité conceptuelle. Mon travail artistique réside dans le fait de ne pas présenter cette impossibilité comme une énigme ou un faire valoir.

Donc je me vois mal présenter en amont, un tour à expliquer. D’une parce que je n’en vois nullement l’intérêt d’une manière générale (si ce n’est étaler un savoir et m’empresser par la suite de démontrer que mon savoir est encore plus grand), de deux parce que cela va à l’opposé de l’endroit ou ma réflexion m’a menée.

Que les exemples sus nommés ne souffrent pas de la divulgation de secret, soit.

La magie est pour eux un moyen, pas un sujet. Ce qui peut expliquer également qu’ils ne fréquentent pas de magiciens. Ce sont des artistes pluridisciplinaires qui utilisent un panel de médias dont la magie.

Mais je vois mal Viktor Voitko expliquer un tour de lévitation de cigarette avant de réaliser sa routine d’anneaux. Il est artiste magicien et son travail repose essentiellement sur le truc et l’impossibilité qu’il permet de produire.

De plus, à vouloir expliquer certaines techniques aux spectateurs, vous le conditionnez à ce mode de raisonnement. Magie=trucs.

Bien sur que l’arsenal technique permettra de s’en sortir. Bien sur qu’il aura certainement oublié dans quelques temps.

Mais vous ne vous sortirez pas, si la magie est votre sujet, du conditionnement pavlovien que vous induisez. Magie=truc.

Et plus il pensera magie=truc, moins il sera disponible pour le travail artistique en aval.

Et tout aussi péremptoirement que tu le fais, j’affirme : un magicien qui met le doigt dans cette démarche, aujourd'hui, ne pourra pas s'en sortir sur le long terme.

Voici donc mon avis.

Je ne le présente pas comme une vérité, mais il vaut bien le tien.

Et surtout, en ne divulguant pas le truc et en respectant la culture du secret je ne prends pas le risque, au cas où je me tromperais, de nuire à ceux qui pensent différemment de moi.

Ce n’est pas ton cas.

Modifié par dub

Circulez !

Publié le

Salut Dub,

Je respecte bien évidemment ton avis et tes arguments.

Mais je pense que si la divulgation de trucs à grande échelle avait

dû à ce point nuire aux magiciens, il y a bien longtemps que nous

serions tous "morts".

Penn et Teller font ça depuis si longtemps...

G.Majax en son temps présentait "Y'a un truc", qui veut

bien dire ce que ça veut dire il me semble.

Je veux surtout attirer l'attention qu'aujourd'hui, en 2011, la quasi

totalité des spectateurs savent bien que la magie est basée sur

un truc. Ils pensent aux manches, aux miroirs, aux double fond, bref

ils inventent la plupart du temps une solution parce qu'ils savent

qu'il y a un truc. Et alors ? Est-ce si grave ? Pour moi, non.

Mais encore une fois, je ne suis pas en train d'écrire qu'il faut

révéler les trucs et les secrets (ça n'est pas ma démarche), mais

qu'il ne faut pas s'en inquiéter outre mesure : le monde magique est

plus subtile que ça et la meilleure façon de s'en sortir est justement

d'explorer d'autres voies.

Ce que je remarque aujourd'hui c'est que les magiciens qui

débutent avec peu de bagages n'ont pas le même impact que

leurs aînés avec le même niveau : jusqu'à une certaine époque,

on pouvait surprendre juste en misant sur le truc (et donc l'effet

basique obtenu) ; aujourd'hui c'est nettement plus compliqué.

Internet est passé par là, les boîtes de magie proposent de vrais

trucs, les boutiques fleurissent partout, de jeunes magiciens sans

aucune culture ratent leurs tours, y compris à la TV...

Deux solutions : faire l'autruche et essayer coûte que coûte

d'empêcher la déferlante ou anticiper et accepter que l'art

magique évolue et que, sans doute, rien ne sera plus vraiment

comme avant.

Et ça n'est ni triste, ni dommage : c'est l'évolution même de toutes

choses et de mon point de vue la magie, trop longtemps, s'est

cachée derrière ses secrets pour ne pas évoluer.

Magie = trucs, oui, mais justement, des trucs de fou, des approches

psychologiques pointues qui, au final ne sont pas à la portée de

tout le monde : ni en pratique, ni en compréhension.

La magie est ailleurs...

Concernant les personnages : oui, je te l'accorde à 100%, pour

moi c'est LA base, trouver son personnage.

Maintenant, pour ce qui est de l'impossibilité de remonter le truc,

je n'ai jamais eu aucun problème depuis très longtemps : j'ai mon

répertoire et je t'assure que pour certains numéros le secret

est partout accessible sur le web ou ailleurs ; mais je pense que

notre travail consiste aussi à bien éloigner la solution de l'illusion,

ce qui rend à fortiori difficile de comprendre l'astuce.

Je lisais ici même qu'un magicien dévoilait le jeu nudiste

dans le cadre d'un salon et que d'autres magicos le présentait.

Pour moi ça ne pose pas de problème car je suis sûr

qu'il suffit éventuellement de faire un change à la fin ou

au début pour complètement désorienter le public "un peu

au courant". C'est comme le FP : qui ne s'est jamais entendu

dire par un magicien débutant qu'il fait la même chose mais

avec un doigt en plastique ?

Je persiste et signe, l'art du magicien va au-delà du secret et

du truc. :)

Pour Viktor Voitko, petite anecdote : à l'époque où

j'avais vu son numéro (il me semble dans Attention Magie, au

début des années 90), ma soeur était mon assistante et connaissait

bien le FI que j'utilisais très souvent. Elle n'a pas fait le lien avec

les anneaux. Elle savait qu'il y avait un truc mais ne pouvait pas

imaginer qu'il y avait un FI : ses passes sont justement contraires

à l'utilisation directe d'un FI pour quiconque l'utilise.

CQFD ! :)

Moralité : amusez-vous, amusez votre public, émerveillez-le et

oubliez le truc : c'est vous le truc !

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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