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Dans le cadre du 21ème Festival International des Magiciens qui se déroule comme chaque année à Forges Les Eaux, le Magicos Circus Rouennais a été doublement comblé le samedi 26 avril 2008 grâce à Hugues Protat, l'organisateur du festival, avec d'une part une conférence de Pierre Edernac, ce grand magicien français à la renommée internationale, et avec d'autre part une "mini" conférence de Juan Mayoral ce magicien espagnol qui a grandement démontré par ses créations que la magie sait évoluer et vivre avec son temps.

Profitez du compte-rendu de cette journée et savourez sans modération ces quelques photos...

Ah suis-je bête... (Et ne répondez pas oui, ce n'était pas une question !)

Pour lire le compte-rendu, vous pouvez restez ici, sur ce forum...

Mais pour les photos... Ben il vaudrait mieux vous téléporter ICI sur le site du Magicos Circus Rouennais, et puis comme ça, si vous n'avez pas le temps de tout lire... vous pourrez télécharger le fichier au format pdf...

C'est y pas beau tout ça ?

Et on dit "merci qui ?"

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Conférence de Pierre Edernac

Depuis sa création, le MagicosCircus Rouennais est un petit privilégié...

Grâce à la gentillesse de Hugues Protat,créateur du Festival International des Magiciens, notre club de magie a la chance de pouvoir bénéficier chaque année d'une conférence donnée par un des magiciens du festival, qui se déroule depuis maintenant plusieurs années au casino de Forges Les Eaux.

Déjà cinq conférences qui ont vu se succéder des magiciens tous différents dans leur style : David Stone, Dirk Losander, Cyril Harvey, Flip,et Pavel.

Cette année, 21ème édition du festival, ne déroge pas à la règle et c'est Pierre Edernac ce grand nom de la magie française et internationale qui a accepté de donner cette conférence.

Draco a joué, avec l'efficacité qu'on lui connaît, les intermédiaires auprès de Hugues Protat afin de fixer la date et les modalités de cet évènement.

Un évènement majeur car Pierre Edernacest un grand monsieur, et pas seulement par la taille.

Pierre Edernac, c'est plus de 80 années de Magie (avec un grand M) et une carrière nationale et internationale bien remplie.

En ce samedi 26 avril 2008, le rendez-vous au casino de Forges les Eaux est fixé pour 14h30 et lorsque David-Ethan (mon copain à moi que j'ai..) et moi-même arrivons, plusieurs membres du Magicos Circus Rouennaissont déjà en train d'attendre sur le perron du casino.

C'est Draco qui nous accueille et qui pilote tout le monde à la salle prévue pour la conférence.

Etant engagé depuis déjà quelques années par le festival, il connaît parfaitement les lieux et notamment les croupières ( mot dans lequel il y a "croupe" un terme anatomique qui ne laisse pas indifférent notre Draco surtout lorsqu'il ne concerne pas l'anatomie d'une jument)

Les membres du Magicos Circus Rouennaisprésents sont :

- David Ethan,

- Draco,

- Spontus,

- Thierry,

- Maximus, venu avec son élève Logan.

- Fabien,

- Cédric,

- Toff,

- Thibs,

- Kristouf,

- Thibault,

- Tanuki,

et moi-même, avec l'équipement de base du rédacteur de compte-rendus, à savoir stylos (plusieurs en cas de panne...), bloc-note et appareils photos (deux... just in case).

Plusieurs magiciens qui participent au festival sont également présents : Hugues et Dorothée Protat bien sur, François Normag, Tommy Bird, Féco Galambos et son assistante, Jean Freel, Dion....

Je prie ceux que j'aurais oubliés de citer de bien vouloir me pardonner... la salle était assez sombre et ma vue n'est plus ce qu'elle était (Tiens cette excuse là il faudra que je m'en souvienne.. même si je reconnais qu'elle est un peu .. foireuse)

Tout le monde s'installe confortablement... les uns sur des poufs (... ce sont des sièges), les autres sur des chaises (c'est plus banal... mais ce sont également des sièges) tandis que Pierre Edernac arrive et met en place les quelques accessoires dont il va se servir durant sa conférence.

Cette installation est assez rapide, car apparemment il ne va pas utiliser beaucoup de matériel mais on nous a informé que sa conférence porte essentiellement sur un aspect présentation et psychologie.

L'homme a une élégance naturelle et un regard expressif qui retient l'attention.

Bref, bien qu'il n'ait rien dans les mains, il porte bien.

Le silence se fait, et comme la nature a horreur du vide, Draco en profite aussitôt pour le rompre en prononçant quelques mots de remerciements à l'endroit de Pierre Edernac, pour avoir accepté de donner cette conférence pour notre club de magie, rappelant que ce maître magicien a eu plus de 400 élèves tout au long de sa longue carrière.

Draco remercie également Hugues Protat pour avoir permis une fois de plus que cette conférence ait lieu.

Hugues Protat prend à son tour la parole pour remercier également Pierre Edernac et indiquer toute l'admiration qu'il a pour ce grand magicien qu'il décrit comme étant un homme passionné.

Comme on est en pleine séance de remerciements, Pierre Edernac, pour ne pas être en reste et montrant ainsi qu'il est un homme très sympathique et plein de savoir-vivre, nous remercie de notre présence et débute sa conférence.

En guise de préambule Pierre Edernac indique qu'il y a trois âges dans la vie : l'âge où l'on apprend, l'âge où l'on met en application ce que l'on a appris et enfin l'âge où l'on transmet ce que l'on a appris.

Et qu'en ce qui le concerne, il a débuté la magie à l'âge de huit ans et qu'il est désormais, depuis bien longtemps, à la phase où l'on transmet.

Il précise que tout au long de cette conférence, il ne va pas chercher à nous montrer des tours, mais plutôt à illustrer des théories à l'aide de tours.

Notre conférencier nous interroge d'emblée par cette question : Qu'est ce que la prestidigitation ?

Et sans attendre notre réponse - et il a bien raison parce qu'on n'a pas toute l'après-midi - il explique qu'il y a des gens qui ne sont pas des prestidigitateurs, mais des présentateurs de tours.

Ces gens ont - selon lui- une pratique extraordinaire de la manipulation, mais ils ne sont pas des magiciens car la Magie doit faire rêver, elle doit être une poésie vivante, et l'adresse n'est qu'un moyen pour parvenir à cette fin.

Voilà qui me rassure sur l'avenir car je ne suis pas un grand manipulateur... le problème étant que je ne suis pas non plus un vrai magicien mais ne le dites pas aux autres membres du Magicos Circus Rouennais car ils n'en savent rien.

Pierre Edernac poursuit son propos en énonçant que la Magie n'est pas un "problème", ni un "rébus" et que le but recherché n'est pas, qu'à la fin d'un tour le spectateur vous dise "je n'ai rien compris", mais bien qu'il vous remercie en vous disant "Vous m'avez fait rêver...".

Avec la Magie, on doit retrouver son âme d'enfant.

Selon notre conférencier, trois éléments sont nécessaires pour que le magicien parvienne à ce but : le cœur, la tête et la main.

Mais, par-dessus tout cela, une condition apparaît primordiale, il faut aimer le public... Aimer... pour être aimé.

Selon Pierre Edernac, le public est le miroir de l'artiste et il ne faut pas être un donneur de leçons mais faire en sorte que le spectateur soit votre ami.

Pierre Edernac narre à cet instant une anecdote qui montre que si vous aimez le public, il le verra et vous rendra cet amour.

Cette anecdote concerne un gala, donné après-guerre, où étaient présents Yves Montand (qui a été son assistant... tout comme Franck Dubosc a été l'assistant de Hugues Protat), Edith Piaf et beaucoup d'autres gens connus... alors que lui, Pierre Edernac était quasiment le seul inconnu.

Étant très bronzé à l'époque, il pouvait aisément passer pour un sud américain et c'est ainsi qu'il a été présenté sans qu'il en ait été informé au préalable comme Pedro Edernaco, magicien argentin de passage en France. Ce jour là Pierre Edernac, l'inconnu, a obtenu une ovation.

Une autre condition est énoncée par Pierre Edernac venant compléter la précédente... Intriguer les gens.

Il faut aimer le public et l'intriguer en faisant des tours, sans avoir l'air de faire des tours.

Pour illustrer son propos, Pierre Edernac propose de faire un tour avec une petite corde blanche. Il montre alors un morceau de corde ... blanche (suivez un peu, on vient de le dire...) d'à peine trente centimètres de long, qu'il lance en l'air et récupère... rouge.

Un effet flash.. qui intrigue car il s'est juste contenté de lancer en l'air de morceau de corde (Amazing Color Changing Rope - de Zanadu, pour ceux que cela intéresse).

Évidemment lorsque l'on connaît le truc la magie perd de sa puissance, mais pour le public - qui lui n'est pas sensé connaître le truc -l'effet est très surprenant, tout comme il l'a été pour nous d'ailleurs.

Pierre Edernac enchaîne avec un deuxième tour que beaucoup connaissent : la carte caméléon.

Et à nouveau le but n'est pas de montrer un tour mais d'intriguer le spectateur.

Pierre Edernac propose pour retenir l'attention du spectateur de lui poser une question - dont la réponse qui sera donnée, importe peu d'ailleurs.

"Êtes vous chasseur ? ... Vous n'avez jamais chassé le caméléon ? C'est un animal très particulier qui prend la couleur de l'objet où vous le posez.. Mais attention toutefois car si vous le posez sur un échiquier vous lui donnez la migraine et sur un tapis de toutes les couleurs, il devient fou. Avec les cartes, c'est pareil..."

Avec cette simple question, anodine, Pierre Edernac vient de capter l'attention du public et de préparer la réalisation ( et la justification) du tour.

"Je vais mélanger ce jeu dans lequel vous allez choisir une carte et on va utiliser les qualités caméléonesques du jeu...."

Là.. en tant qu'ardent défenseur de la langue française, je sursaute et regrette de ne point avoir mon dictionnaire avec moi car l'expression "caméléonesque" me paraît tout simplement abracadabrantesque.

Pierre Edernac pour amener le changement de couleur du dos de la carte, va ensuite effectuer un jeu de scène avec un tissu rouge, et la carte qui ne change pas de couleur parce qu'il n'a pas frotté assez fort... avant que finalement le dos de la carte ne reprenne sa couleur initiale.

Comme autre illustration de ce souhait d'intriguer, Pierre Edernac montre en main gauche une carte 2C, qu'il prend en main droite.

On ne voit plus que le dos de la carte... Soudain lorsque la main gauche reprend la carte et pivote pour montrer sa face, on se rend compte qu'il s'agit maintenant d'un 3C.

Tout le mouvement a été effectué dans le même geste, d'une façon très naturelle : on montre une face, on montre un dos, on remontre la face, qui n'est plus la même...

Comme nous distinguons quelque chose sur la face de la carte dans l'alignement des cœurs, on se dit qu'il s'agit probablement d'une carte "gimmick" avec un système de fil - même pas invisible -et qu'un des cœurs apparaît ou disparaît grâce à ce système.

Notre conférencier aurait-il osé renouveler un truc du genre de celui de la corde qui change de couleur ?

Bon d'accord.. plus c'est gros, mieux ça passe mais quand même. 80 ans de Magie !

Et là... ben on s'est tous fait avoir lorsqu'on se rend compte que ce que l'on a aperçu sur le dessus de la carte est un banal trait au crayon destiné à nous berner. La carte - mis à part ce trait au crayon - est tout ce qu'il y a de plus normale.

Cette transformation de carte est basée sur une technique qui est propre à Pierre Edernac qu'il a nommée "la Passe Synthèse", et qui existe également en version "Demi-Passe Synthèse" (pour ceux qui ne peuvent pas se payer la version entière...).

Avec cette technique, il dit avoir réussi à bluffer plus d'un magicien et dans la salle, il y en a quelques-uns uns..

Le mouvement pour arriver à ce changement de carte très fluide est très élaboré car basé au départ sur une prise double - comme beaucoup de transformation de cartes - puis, un subtil mouvement de l'index de la main qui saisit les cartes, va permettre de faire pivoter la seconde carte pour masquer l'empalmage de la carte à transformer.

Pierre Edernac décrit cette "passe"- qui selon lui devrait passer à la postérité - comme étant à la fois Filage et Empalmage.

Bon certes le mouvement est "zoli" mais en ce qui me concerne, même avec beaucoup d'entraînement, il faudrait que je me fasse allonger les doigts ou greffer une phalange supplémentaire pour pouvoir ne serait-ce que caresser l'espoir de réussir la manipulation, car l'empalmage se fait lorsque la carte se trouve au niveau de la fourche entre l'index et le pouce et là, en ce qui me concerne ... la carte dépasse d'un bon centimètre au bout de mon petit doigt.

Je remarque en passant que Pierre Edernac utilise des cartes au format Bridge..

Mais si elles peuvent avoir certains avantages, concernant leur largeur, moindre que celle des cartes au format Poker, elles sont également légèrement plus longues...

Ca vous laisse une idée de la longueur des doigts de monsieur Edernac...

Et vu l'âge de l'intéressé cela confirme l'adage populaire qui dit que la grandeur (longueur..) n'attend pas le nombre des années... (Oui je vous l'accorde, celle là est tirée par les cheveux...)

En plus d'intriguer, Pierre Edernac préconise de se mettre à la place des gens qui ne savent pas... De ne pas faire de tours pour les magiciens...

Et donc, selon le leitmotiv.. de créer le rêve.

Pierre Edernac rappelle que dans sa carrière il a fait du close-up, de la magie de salon et sur scène notamment en cabaret (dont le très célébrissime Crazy Horse Saloon of Paris), mais qu'il n'a jamais versé dans la grande illusion.

Et de revenir sur cette question fondamentale posée au début de la conférence : Qu'est ce que la prestidigitation ?

Et à nouveau sans nous laisser le temps de proposer une réponse, Pierre Edernac nous déclare "est-ce une science ?... de la manipulation ? du matériel ?.."

Avant de conclure que c'est un peu tout cela.

Pierre Edernac propose de réaliser une expérience avec une boulette de papier aluminium.

Il indique que cette expérience répond à un principe selon lequel la chaleur dilate les corps. Pour accompagner son propos, Pierre Edernac prend une boulette de papier aluminium qu'il enferme dans son poing.

Puis il va prendre son briquet dans sa poche, l'allume pour créer de la chaleur et en ouvrant la main, révèle que la boulette est devenue plus grosse.

Mais si la chaleur dilate les corps... le froid doit donc les rétrécir. Pierre Edernac enferme la grosse boulette dans sa main, va à nouveau chercher son briquet, qu'il agite au-dessus de son poing pour faire du vent, et ouvre la main pour révéler que la boulette a disparu, en disant à titre de conclusion "j'ai trop attendu, la boulette a disparu.."

Ce tour, simple dans sa réalisation, permet à Pierre Edernac de développer sa théorie consistant à opposer le geste normal avec le geste naturel.

Bon.. là il faut s'accrocher car la nuance est assez subtile.

Selon Pierre Edernac, le geste normal n'existe pas. Ce qui compte c'est le geste naturel. Selon lui, le naturel, c'est l'apparence du normal.

Ca va vous suivez ? Ah ! Je vous avais prévenus.. c'est subtil.

Allez ! On va faire plus fort...

Un geste peut être faux et avoir l'apparence du normal s'il est naturel.

Et ce caractère naturel du geste peut découler de la justification du geste.

Aisance et justification.

D'où cette recommandation de Pierre Edernac : Soyez naturel !

Avant qu'on puisse digérer complètement la profondeur de cette recommandation, Pierre Edernac nous parle d'un tour qu'il considère extraordinaire, le tour de la cendre de cigarette qui passe d'une main du spectateur à son autre main.

Pour la réalisation de ce tour, Pierre Edernac, propose d'avoir l'air d'improviser, de persuader les gens que leur choix est libre et que vous ne vous êtes jamais approché d'eux. D'où l'importance fondamentale de la gestuelle et des paroles employées.

Selon Pierre Edernac, c'est parce que ce tour est apparemment facile à réaliser que bien souvent il est mal présenté.

"Croyez-vous à l'impossible ?... Regardez vos mains.. tendez-les comme ça.. Non ! Un peu plus haut.. Droite ou gauche ? Gardez la main fermée... "

(Pour ceux qui n'auraient pas remarqué, je précise que j'ai simplifié et fait bref.. une fois n'est pas coutume)

Et au final l'incroyable s'est réalisé, la cendre passe de la main du spectateur vers son autre main.

Pierre Edernac développe les différentes étapes de la réalisation de ce tour, l'importance de la position du spectateur, du choix des mots à employer ou à ne pas citer... et de nous donner ce conseil: "faites durer et vous créerez un miracle !"

Comme pour nous mettre en garde, Pierre Edernac rappelle qu'il n'y a pas de tour facile et que tous doivent être travaillés.

Pierre Edernac enchaîne sur une expérience de PK Touch. C'est Cédric "James Wad" qui sert de cobaye.

"Fermez les yeux !... Ouvrez les yeux !"

Deux ordres, qui sont donnés à plusieurs reprises tandis que Pierre Edernac s'approche en pointant et en touchant chaque paupière de Cédric à l'aide de ses index. Pour au final se servir de son index et de son majeur gauche pour à nouveau toucher les paupières de Cédric,tandis qu'avec sa main droite, il donne une légère tape sur le dos de Cédric.

Là le public est complice car il voit le manège du magicien.. mais pour le cobaye, la magie opère car il a vraiment la sensation que quelque chose d'incompréhensible vient de se produire alors qu'il n'y a personne d'autre autour de lui et que les deux mains du magicien étaient sur ses paupières lorsqu'il a senti qu'on le touchait dans le dos.

Pierre Edernac indique à Cédric que ça peut également marcher avec d'autres personnes.

Kristouf est invité également à servir de cobaye. Cédric regarde tandis que Pierre Edernac recommence la même "expérience" avec Kristouf, mais sans utiliser le stratagème final.

Or pourtant Kristouf sursaute et se retourne brusquement car il a eu la sensation d'être touché dans le dos.

Et Pierre Edernac de poursuivre en disant que ce pouvoir peut être transmis "Je vous donne le pouvoir... Cela peut durer trois minutes.. trois heures ou trois jours .. Mais jamais plus de trois mois..." Et cette fois-ci c'est Kristouf qui reproduit l'expérience sur Cédric sauf qu'au final c'est Pierre Edernac qui tapote le dos de Cédric à son insu...

Bel exemple de la façon de renforcer un effet en se servant de la complicité entre le magicien et le public, puis plus particulièrement avec un membre du public (Kristouf) pour donner à cet effet toute l'apparence du réel.

Cédric connaît ce tour, mais confirme qu'il a été..bluffé.

Et Pierre Edernac nous narre l'anecdote d'une femme à laquelle il avait fait ce tour et qui pensait réellement avoir acquis ce pouvoir.. qui inexplicablement fonctionnait encore après trois mois... au plus grand amusement de son entourage.

Ah ! Les femmes... C'est sûrement pour cela qu'on les aime autant ...

Certains membres de l'assistance n'ayant pas très bien saisi le déroulement de la Passe Synthèse (Oh les boulets !) sollicitent Pierre Edernac, qui bien volontiers, montre à nouveau le mouvement.

Je m'approche car .. Hum.. je fais également partie des boulets..., je saisis mon jeu de carte.. Je regarde.. J'essaie... en me disant que ce n'est peut être pas une question de longueur de doigts et finalement je renonce définitivement.

Certainement histoire de nous narguer un peu plus, Pierre Edernac propose de nous montrer son contrôle de cartes préféré qui est- selon lui - supérieur à celui de Dai Vernon.

Une carte est choisie, puis remise distinctement dans le milieu du jeu tenu en main gauche, qui est immédiatement saisi en main droite et ouvert en éventail tandis que le magicien indique au spectateur "vous voyez votre carte..."

Sauf que la carte n'est pas dans l'éventail mais empalmée en main gauche grâce à un subtil mouvement qui à nouveau est basé sur la position du jeu dans la fourche entre le pouce et l'index.

Là encore les atrophiés des doigts risquent de rencontrer certains problèmes pour réaliser ce mouvement que Pierre Edernac poursuit par un mouvement de transfert destiné à faire passer la carte de la main gauche vers la main droite, pour ensuite - par exemple - aller la chercher dans la poche intérieure de veste où elle se retrouvera.. mystérieusement dans votre portefeuille.

Pierre Edernac insiste sur l'aspect psychologique de l'affirmation "vous voyez votre carte" et de l'éventail qui sert de détournement d'attention.

Tout est dans le timing (et dans une certaine configuration physique...)

Pour nous laisser le temps de digérer ces deux mouvements (et éventuellement d'essayer de les reproduire le moins mal possible...), Pierre Edernac propose de faire une pause.

Ce petit quart d'heure m'a permis de me convaincre que nous ne sommes pas tous égaux devant la Magie...

Cela me fait penser à ce sketch de Coluche intitulé "Le Blouson Noir":

"Il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes jaunes, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux, il y aura des hommes moches et tous seront égaux, mais ça sera pas facile"

"Y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux ce sera très dur!".

Pour pasticher, on pourrait dire "Il y aura des magiciens avec des grandes mains, il y aura des magiciens avec des petites mains, il y aura des magiciens adroits, il y aura des magiciens maladroits et tous seront égaux mais ça sera pas facile .. Y en aura même qui seront maladroits avec des petites mains et pour eux ça sera très dur..."

Pierre Edernac développe maintenant une théorie selon laquelle l'être humain utilise trop de gestes pour réaliser une action et que pour faire de la belle et bonne prestidigitation, il faut simplifier les gestes.

Pour accompagner son propos, Pierre Edernac a disposé sur une table trois soucoupes empilées l'une sur l'autre et sur la soucoupe du dessus, trois tasses à café, également empilées l'une sur l'autre.

Il invite alors Logan à disposer sur la table les trois tasses chacune sur une soucoupe en faisant le moins de mouvements possibles.

Logan s'exécute et fait au moins 6 gestes voire plus (si affinité).

Pierre Edernac qui nous avoue avoir longuement observé un garçon de café, réalise le tout en... deux gestes.

D'où cette affirmation que le secret de la magie efficace c'est de supprimer 50% de gestes inutiles ; et cette injonction "Simplifiez!"

Comme pour nous convaincre, Pierre Edernac nous présente sa méthode - très peu connue selon lui - pour faire disparaître une cigarette dans un foulard en se servant du FP (qui comme chacun le sait est l'abréviation de Fantastique Pouvoir) en nous disant tout en écartant les mains, "Montrez... Ne cachez rien"

Et effectivement, il n'y a rien à voir.. et pourtant...

Puis il nous parle de la méthode qu'il a développée pour effectuer la routine de la cigarette cassée et reconstituée - rendue célèbre par Slydini.

Pierre Edernac, en nous montrant cette technique dont il a simplifié le nombre de mouvements, nous parle du maître Tony Slydini qui semblait doté d'un ego surdéveloppé, en nous narrant cette réponse qu'il avait faite à la question suivante posée par Pierre Edernac "En dehors de toi.. Quel est le plus grand magicien ?" et Slydini de répondre après avoir longuement réfléchi "... J'ai un élève ....".

Tony Slydini avait également, parait-il, été très vexé par une méthode de contrôle de carte choisie que lui avait montrée Pierre Edernac. Cette méthode était assez similaire à celle utilisée par Slydini,mais alors qu'il utilisait une carte pour réaliser ce contrôle, Pierre Edernac n'en utilisait aucune pour arriver au même résultat.

Cette simplification des mouvements permet au spectateur de comprendre ce que vous faites, mais pas comment vous le faites.

Pour laisser au spectateur de temps de comprendre ce qui est en train de se passer, il faut que le tour soit architecturé avec une entrée en matière courte - un temps d'arrêt - un développement - un temps d'arrêt et une conclusion.

Mais parce que vous laissez le temps au spectateur de suivre, il faut donc compenser par quelque chose pour éviter qu'il ne comprenne comment vous réalisez l'effet.

Selon Pierre Edernac, il n'y a pas d'art sans technique, mais tant qu'on ne fait que de la technique, on ne fait pas d'art.

D'où l'utilisation des temps d'arrêts, des temps forts et des temps faibles.

Les temps d'arrêt sont là pour laisser aux gens le temps de comprendre. Il s'agit de temps de repos pour l'œil et pour l'esprit du spectateur. Ils ne sont que des temps morts pour faciliter la compréhension du tour, car lorsqu'ils interviennent le "travail" du prestidigitateur a déjà été effectué.

Les temps forts suggèrent au spectateur l'idée de concentration et de travail et à contrario les temps faibles lui suggèrent l'idée de décontraction et de repos.

Le temps faible est souvent là pour masquer le travail secret effectué par l'artiste.

Pierre Edernac en plus de la pratique du close-up, a une longue expérience de la magie des cordes. Il se propose de nous montrer quelques effets.

Il débute avec un effet avec une corde et deux anneaux lors duquel un anneau se libère de la corde.

Il nous met en garde sur ces numéros où poésie et magie se côtoient en nous disant que si le texte est trop riche, alors ce sera au détriment de ce que vous faites.

Raison pour laquelle Pierre Edernac préfère montrer ses routines de cordes en musique plutôt que sur un texte.

Il poursuit avec une routine de corde coupée et reconstituée pour enchaîner sur la très célèbre routine des trois cordes.

Pour la présentation de celle-ci, il déroge à la règle en l'accompagnant d'un texte savamment choisi : L'histoire du Maharadjah.

Texte et gestes sont en rythmes, avec des changements de rythmes.

Pierre Edernac préconise de laisser au spectateur un morceau de corde en cadeau... pour laisser une trace de la magie qui s'est opérée. Bien souvent le spectateur conservera ce cadeau... un peu comme une sorte de fétichisme.

Puis comme ultime recommandation avant de conclure cette conférence, Pierre Edernac nous conseille "Ne faites pas trop long !"

Et aujourd'hui, Pierre Edernac n'a pas fait trop long.. et cela tombe à point car Draco nous avait annoncé une mini conférence surprise et l'artiste qui doit officier est arrivé. Il s'agit de Juan Mayoral.

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Mini Conférence de Juan Mayoral :

Autre époque, autre style de magie.

Une magie poétique faisant appel aux techniques les plus modernes tandis que Pierre Edernac n'utilise que le strict minimum.

Un contraste intéressant qui montre combien la Magie est variée.

Juan Mayoral qui vient d'être présenté par Draco ( j'ai failli écrire "introduit"mais je préfère éviter les quiproquos) se propose au travers de quelques effets de nous faire découvrir sa vision de la magie.

Il débute par une transformation de cercle métallique en carré (également métallique... Il est magicien mais alchimiste..) lequel se transforme en canne.

Cet effet très visuel est nommé la Quadrature du Cercle.

Il poursuit avec la transformation d'une boite d'allumettes en canne avec un effet pyrotechnique flash où avec l'explication on se rend compte que la boite d'allumette ne sert qu'à créer un détournement d'attention.

Puis il se saisit d'une bougie allumée sur un bougeoir et la tenant en main la transforme en deux foulards avant qu'on ne se rende compte qu'une nouvelle bougie allumée a pris place sur le bougeoir. Le dispositif destiné à faire réapparaître la bougie sur le bougeoir est très sophistiqué et commandé à distance.

Juan Mayoral continue sa présentation avec l'aide de Toff et d'un assistant un peu particulier : un lapin en peluche.

Mais pas n'importe quel lapin en peluche car celui-ci sait compter.

S'en suit un jeu de scène savoureux....

Juan Mayoral demande à Toff de choisir une addition simple .. 5 + 3. Juan Mayoral se penche vers le lapin et semble écouter puis s'adressant à Toff et au public indique "il a dit 8 !... Vous ne me croyez pas ?"

D'où nouvelle addition proposée 2 + 5 et nouveau mutisme apparent du lapin que Juan Mayoral semble être le seul à entendre parler puisqu'il indique "Ah ! Il dit qu'il a soif...".

Juan Mayoral présente un verre rempli de lait au lapin et on voit le verre se vider progressivement.

Le jeu de scène se poursuit jusqu'au final lors duquel le lapin, tenu par Toff, se met à faire pipi à jet variable sur l'assistance. Et tout cela sans dire un seul mot !

Fin du gag... et début de l'explication qui nous fait comprendre que ce lapin est vraiment, mais vraiment très spécial lorsque, comme pour une autopsie, Juan Mayoral lui ouvre le ventre pour nous montrer le système très sophistiqué et très silencieux qu'il contient.

Juan Mayoral indique qu'il a beaucoup travaillé sur cet effet.

On peut résumer en disant que si le lapin fait pipi c'est parce que Juan Mayoral s'est beaucoup fait pour y arriver.

(Aïe ! Non pas sur la tête... Oui je sais.. C'est nul. J'ai honte... Mais c'est tellement bon la honte)

Tiens ce tour, cela me fait penser à cette pub pour le bonbon Kiss Kool et son double effet "le lapin ! le lapin !".

J'imagine le lapin pissant sur les chasseurs brandissant leur fusil.. et cette question de Pierre Edernac "Êtes-vous chasseur ?"

C'est marrant comment l'être humain arrive à s'amuser d'un rien.

Cet effet de Juan Mayoral est amusant pour les enfants.. et pas seulement pour les enfants d'ailleurs mais attention...c'est pas donné.

Juan Mayoral nous montre ensuite un effet avec des lumières vertes qui sont apparemment mises dans un sac qui au final s'illumine et inscrit "Thank you" lorsqu'il est secoué.

L'utilisation astucieuse de D-lights et de l'électronique permet de réaliser cet effet tout en lumière.

Notre (mini) conférencier nous exhibe ensuite (non non craigniez rien...) un fax dont il n'est pas peu fier et qui démontre - s'il est besoin - que Juan Mayoral a toujours été à la pointe de la technologie.

Ce fax qui remonte maintenant à plusieurs années émane de mister David...

Non ! Pas Stone....

De mister David...

Non ! Pas Ethan...

De mister David Copperfield himself, dans lequel il demande à Juan Mayoral de lui fournir un certain produit, qui n'est pas une création de Juan Mayoral mais qu'il commercialise.

Ce produit, sur lequel je me dois de rester discret - car on pourrait nous écouter - n'était pas destiné à un usage magique par David Copperfield mais à un usage pratique lors de ses prestations.

A l'époque... je parle de l'année 2000, ce produit n'était pas aussi répandu que maintenant et un autre système destiné au même usage était assez peu pratique d'utilisation.

Certains mentalistes l'utilisent désormais pour leurs prestations.

Un effet a même été inventé avec une perruche parlante.

Pour terminer Juan Mayoral nous montre un effet qui peut avoir des applications commerciales en carterie : une carte animée.

Ce n'est pas sans me rappeler le principe utilisé dans le petit livret Animated Magic Images, dans lequel des images prennent vie grâce à l'utilisation d'un cache comportant des colonnes transparentes et des colonnes noires.

L'après midi touche à sa fin, et la plupart des magiciens quittent la salle.

Jean Claude GODIN (président du Cercle Magique Robert Houdin de Normandie) s'approche en compagnie de quelques autres pour solliciter Pierre Edernac - qui est resté parmi nous - au sujet de la routine des foulards noués de Slydini.

Jean Claude GODIN indique qu'il n'a jamais vu quelqu'un faire cette routine aussi bien que Pierre Edernac.

Je m'approche également et regarde le maître oeuvrer.

Trois foulards, noués les uns aux autres, tous réunis et posés sur une mallette.

Aucun geste suspect, tout a été effectué... naturellement, avec fluidité et pourtant.... lorsque Pierre Edernac reprend en main les foulards, ils sont mystérieusement dénoués.

Là encore l'effet (non ! Pas Kiss Cool !) Pierre Edernac vient d'agir.

Économie de gestes, tout est montré - sauf l'essentiel.

Avec l'explication que le maître nous fournit bien volontiers on s'aperçoit que le détournement d'attention est subtil et que l'effet devient incompréhensible pour le public.

Pierre Edernac continue à montrer certaines de ses techniques, à expliquer leur réalisation...

Il a dans les yeux cette lueur qui caractérise les passionnés.

Hugues Protat avait raison.

Après toutes ces années à pratiquer la Magie, Pierre Edernac a gardé intact cet amour de son art et on sent dans son regard tout le plaisir qu'il éprouve d'une part à montrer sa Magie, mais également à la partager en l'expliquant à d'autres magiciens.

Au moment où je rédige ce compte-rendu, j'ai eu la chance de voir Pierre Edernac sur scène lors du spectacle de clôture du festival de Forges lors duquel il a présenté sa routine de corde. Regardez les photos prises à l'occasion et vous verrez cette lueur dans le regard, cette prestance en habit queue de pie et cette présence sur scène qui inévitablement vous feront comprendre que Pierre Edernac est un grand magicien qui vit hors du temps.

Ah ! Au fait... pour les photos de Pierre Edernac sur scène, c'est ICI , mais je vous préviens, c'est un diaporama... Donc patience parce qu'il y a plein de photos avant... et après aussi d'ailleurs.

Patrice. Apprenti Magicien à Vie

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    • Simple : il a y juste ce qu'il faut. Des visuels (photos et vidéos) et un moyen de te contacter. Sur la page principale, je viens de réaliser que tes gants n'avaient que 4 doigts. C'est un détail qui attire l'oeil donc il faut laisser cette photo (en plus très nette et ou qui donne tout de suite le ton sur le personnage). Les dessins sont bien aussi. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'ils ne s'affichent pas en entier sans qu'on ait à descendre avec la molette pour les voir globalement. Les vidéos sont bien : elles en montrent assez pour avoir un aperçu de la variété des numéros possibles, la folie du personnage et pas trop pour laisser les gens les découvrir en entier. La deuxième vidéo où tu parles est la plus vendeuse à mon avis car ton accent et ta personnalité y sont encore plus flagrants au travers de ta présentation des coulisses du crazy. On voit clairement que tu es chez toi, que c'est ton univers et que lorsqu'on t'engage, on fait venir un morceau de la folie du crazy. Elle se démarque des autres vidéos plus axées sur le visuel mais qui ressemblent plus aux montages vidéos d'autres magiciens. La prise de contact est simple et directe : un mail et un numéro de téléphone. C'est plus chaleureux que la sempiternelle boîte de messages intégrée au site. On se dit qu'on va t'avoir en personne ou en tout cas facilement pour avoir tes conditions. C'est psychologique mais à mon sens, ça joue aussi. Il manque peut être quelques lignes (titres au dessus des vidéos ?) où on peut lire un peu ce que tu proposes en termes de format comme "numéros de 5 à 20min", ce genre de chose. Tu parles plusieurs langues donc une petite ligne pour l'indiquer, ce serait bien aussi. Les commentaires en anglais, français et allemand, les extraits de plusieurs émissions montrent déjà le côté international et reconnu de tes prestations mais en précisant que tu peux parler en telle ou telle langue, c'est un plus non négligeable pour certains clients. Un site internet n'est pas ce qui rapporte le plus de clients aujourd'hui (plutôt le bouche à oreille, la télévision et les réseaux sociaux) mais cela permet aux intéressés d'avoir un bel aperçu de ce que vous proposez, c'est une vitrine. Je vous souhaite de beaux succès dans la promotion de votre travail à Christa. et toi.
    • Max Maven est celui qui m'a le plus marqué physiquement. Il portait les initiales de son nom de scène sur sur visage (bouc et cheveux au niveau du front coupés de manière à former deux "M"). Je l'ai toujours vu dans des tenues noires très amples aussi et avec sa queue de cheval ou des couettes tressées. Ensuite, il y a eu al voix et la barbe de Eugène BURGER et quand je l'ai eu en face de moi, c'était vraiment agréable de l'écouter rien qu'à cause de la gravité de sa voix et de son ton très posé. Jeff McBride, toujours habillé style "kabuki" même en dehors de la scène et son sourire particulier. J'ai été surpris de découvrir qu'il avait de toutes petites mains aussi lorsque je l'ai rencontré. Un qui m'a surpris en conférence, c'est Richard Sanders qui est assez petit et je ne m'en était pas du tout rendu compte dans ses vidéos. ça lui donnait un côté encore plus dynamique. Léo Smeters et ses lunettes vertes + souvent une pochette, une cravate ou des chaussures vertes. Sa magie ne m'a pas plus attiré que ça, le personnage non plus mais j'ai retenue l'image des lunettes vertes. Jean-Pierre VALLARINO, souvent avec une écharpe blanche non enroulée. Je lui ai toujours trouvé un petit côté "Alain DELON" dans son attitude, sa façon de se déplacer. Les très longs et épais cheveux de Galina (lévitant sur sa boule volante lumineuse dans l'émission "Las Vegas" version française présentée par Sylvain Mirouf) qui aujourd'hui a les cheveux très courts (dans le duo Sunny Hayes). Peter MARVEY qui pendant très longtemps était toujours habillé avec le même costume d'un bleu particulier et qui utilisait souvent "Ghostbuster" comme musique à la fin de chaque numéro. Hans Klock, chemise ouverte, cheveux dans le vent, un peu brusque dans ses gestes (il jetait toujours assez violemment le couvercle de sa "spike illusion", que l'on voyait déjà bien tordu; et les pics, je me suis demandé une fois si son technicien avait toujours réussi à les réceptionner facilement). Je crois au passage que c'est lui et Greg Frewin avaec son numéro de colombes colorés qui ont fait de "Eclipse" du Cirque du Soleil, une musique très populaire chez les magiciens jusqu'au début des années 2000. Alexandra et Dominique DUVIVIER et leurs queues de cheval, détail physique sur lequel ils jouent dans leur numéros en duo. Alain DEMOYENCOURT : c'est un personnage même en dehors de la scène mais son costume fait à partir de serviettes de table "à l'ancienne" marque aussi. Pour Yann Frish, ce sont ses yeux et ses expressions qui malgré le personnage assez fou qu'il endosse, font ressortir un côté "enfant", plein de douceur. Il y a aussi les chemises à fleurs de notre regretté Daryl MARTINEZ, le cigare et le verre de whisky de Dai VERNON (pas un détail physique mais un détail lié au personnage), les mains géantes de Larry Jennings, la gestuelle de Tony Slydini, la posture assise de Albert GOSHMAN, les ongles pointus de Steve DACRI, le style vestimentaire et les coupes de cheveux des Erlish Brother, le style gothique de Criss Angel et de Dan Sperry, le grand écart que faisait Jorgen SAMSON à la fin de son numéro de productions de tables et de fleurs, etc...
    • Déjà, si j'achète un livre, c'est que j'ai l'intention de le lire et l'envie de mettre en application au moins une partie de son contenu. Je prend tout mon temps. Si j'ai le matériel, même si la routine ne me plait pas, j'essaie. Je dis bien "même si la routine ne me plaît pas" car pendant longtemps je ne testais que les routines qui me plaisaient et puis un jour, je me suis fixé comme objectif de tester toutes les routines d'un livre (le premier tome de Jacques Delord) et là, après m'être filmé en m'entraînant à des routines qu'à priori je n'aurais pas présentées, j'ai découvert qu'en fait, ce n'était pas mal du tout voire très bien pour certaines. C'est ainsi que la routine de Peter Warlock a rejoint mon répertoire pendant des années par exemple. Par contre, la routine de corde qui me plaisait ne m'avait pas plu en me regardant sur la vidéo. Je suis revenu dessus mais bien plus tard. Donc depuis, dès que j'ai ce qu'il faut pour les tester, j'essaie chaque routine et je me filme. Parfois cela met quelques jours avant d'avoir un début de routine présentable (lorsque c'est un peu technique) mais qu'importe, l'exercice est intéressant et parfois, ça devient des petits défis (je sais que je ne présenterai jamais certaines routines mais je veux parvenir à la faire au moins une fois "proprement"). Parfois je suis sur deux livres en même temps. A quelques exceptions près (certaines encyclopédies), je suis toujours allé jusqu'au bout de mes livres. Une fois lu, un livre a le droit d'avoir sa place dans ma bibliothèque. Sinon il fait partie d'une pile "à lire". Aujourd'hui je n'ai plus de place dans mes deux bibliothèques (elles ne sont pas énormes mais de taille "raisonnable", un centaine de livre chacune à peu près) donc je n'achète plus de livre, juste quelques notes de conférences parfois (mais ça devient rare). Par contre je relis certains bouquins. Ceux que j'ai le plus lu et relu complètement (2 à 3 fois) sont "Fondations" de Eberhard Riese, "Close-up" de Stone (lu deux fois et je n'ai pas résisté à m'acheter la réédition augmentée, ne serait que pour l'humour distillé au fil des pages), les livres de la trilogie Delord (qui donnent vraiment envie de faire de la magie), mes premiers livres de magie (les livres de John Tremaine et de Patrick Page), le livre de John Bannon "Barrage", les livrets de Pavel et de Marconick (qui se relisent très vite, c'est presque une idée par page). Ensuite il y a les livres dans lesquels je replonge assez régulièrement mais que je ne relie pas complètement comme les Mad Magic, les Tarbell, les livres de Christian Chelman (j'ai relu complètement "Légendes Urbaines" cela dit). Au niveau de ma façon de travailler, après lecture d'un livre, j'ai forcément plein de vidéos d'entraînement. Je les supprime toutes sauf celles des routines qui me plaisent le plus après les avoir essayées et là j'essaie d'en faire autre chose ou au moins d'en faire quelque chose de personnel (souvent cela consiste à trouver un texte pour les routines de close-up, ou un texte ou une musique pour certains numéros de scène, à trouver un endroit où introduire la nouveauté dans un enchaînement, parfois cela consiste à juste garder une idée qui me plaît comme certaines accroches, un blague ou une méthode et parfois cela consiste juste à changer la méthode pour que la routine soit fluide, pratique et que j'ai du plaisir à la présenter). Toutes les routines qui restent en vidéo d'entraînement sur mon disque dur seront en général travaillées de manière approfondie pendant quelque semaines, mois voire plus en fonction des difficultés (pour fabriquer certaines choses ou maîtriser certaines techniques) et présentées au moins une fois en public. Certaines resteront plusieurs années d'autres pas. Tout dépend de l'impact de en public et du plaisir que j'aurai à les présenter évidemment. Maintenant j'essaie de noter le nombre de routines que j'ai présentées d'un livre afin de voir ceux qui ont le plus "nourris" mon répertoire. En close-up, "Barrage" de John Bannon est sans nul doute celui dont j'ai le plus pratiqué le contenu. Il ne comporte que 8 routines que j'ai toutes testées et présentées au moins une fois en public. Après 3 ans, 4 de ces 8 routines figurent toujours régulièrement dans mes prestations de close-up, ce qui en fait le livre que j'ai le plus "rentabilisé" et ce n'est pas du tout le plus cher que j'ai acheté. Je ne souhaite pas raisonner en termes d'argent mais c'est un bon moyen de voir les livres (et je commence à faire pareil pour les vidéos) que j'ai le plus utilisés. Je commence à raisonner pareil pour le matériel aussi. Si je regarde ce que j'utilise le plus, ce sont rarement des accessoires les plus onéreux que j'ai achetés pour le close-up (j'utilise par exemple rarement certains très beaux sets de pièces spéciales que j'ai achetés. Par contre j'utilise très souvent des pièces normales 50F argent que je tiens de ma grand-mère et mes pièces jumbo que j'ai fait fabriqué lorsque j'étais étudiant). Pour la scène, c'est différent. Le matériel que j'ai acheté cher, c'était pour l'utiliser, j'ai bien réfléchi avant d'investir donc je l'utilise. Il faut dire aussi que je n'achète pas ou très rarement (pour des petites choses) sur un coup de tête. Ce que j'achète correspond à des choses assez précises que je recherche depuis un moment. ça n'a pas toujours été ainsi bien sûr. Avec l'âge, l'expérience, on s'organise, on réfléchit et on fait plus facilement le tri entre ce qu'on est sûr de présenter avant de l'acheter et ce qui risque de finir dans un tiroir après une seule utilisation. Et puis je n'ai plus de place. Par contre, même si mes tiroirs sont pleins, rien n'est jamais resté dans son blister sans avoir été utilisé au moins une fois en public. Lors de la lecture, surtout pour la lecture de revues, j'ai du mal à surligner ou écrire dans mes livres que je veux garder impeccables (je suis assez maniaque) même si je suis d'accord que c'est un outil de travail. Je prend des notes sur une fiche cartonnée ou à défaut, une feuille A4 pliée en deux en notant les routines à tester et leur page parce dès que j'ai ce qu'il faut pour la tester. Je met un certains nombre de petits traits (1 à 4) comme les étoiles du michelin en fonction de mon ressenti à la lecture. Je faisais déjà ça étant gamin lorsque j'enregistrais les numéros qui passaient au cabaret de Patrick Sébastien : je les "notais" avec 1 à 4 petits traits. Même plus de 25 ans après, je suis encore d'accord avec mes "notes" (ça devait être le côté "prof" qui commençait à venir). Une fois filmée, si la routine me plaît, je vais écrire mes idées dans un livret qui ne sert qu'à ça ou sur une nouvelle feuille A4 pliée en deux si je n'ai pas mon carnet sous la main et je jette mes fiches de lectures qui ne sont qu'une liste de ce que je pouvais essayer. Souvent, ma fiche de lecture est ce qui me sert de marque-page. Sinon c'est une carte à jouer ou une de mes cartes de visite (qui sont des vrais marque-pages bien sûr). Les livres que je lis plus facilement sont ceux où les routines font appel à des supports variés. C'est plus long pour s'entraîner car il faut à chaque fois réunir un matériel spécifique ou le plus plus proches de celui mentionné dans ce que j'ai. Pour les livres centrés sur un seul support (cartes, pièces, corde, etc...), le matériel est vite à ma disposition mais je n'avance pas plus vite car au bout de 2 ou 3 routines lues, il faut d'une part que je les essaie et d'autre part, sans parler de les tester, je ne pourrais pas lire d'une traite de tels livres. A quelques exceptions près (comme Bannon ou Duvivier), c'est ennuyeux (ce qui ne veut pas dire que le contenu est mauvais, juste que j'ai besoin d'une certaines variété de supports pour que ma lecture se prolonge plus). Cela dépend aussi de la façon dont s'est écrit et illustré bien sûr. Quoiqu'il en soit, je lis rarement plus de 3-4 routines d'affilé et c'est même plus souvent 1 ou 2. Je lis plutôt le soir, dans le lit juste avant de m'endormir et je fais mes essais le lendemain matin ou je lis et je fais mes essais au fur et à mesure le matin (je lis une routine, je la teste et la filme, je lis une deuxième routine et la teste et la filme, etc...). Pour les essais de routines de scène, c'est plutôt l'après-midi car mon matériel de scène est chez mon grand-père et le matin, je fais déjà la liste de ce que je vais travailler l'après-midi, je relis les routines et commence parfois à noter des idées qui me viennent, des choses à tester de plusieurs manières. Lorsque je lis le soir, une fois la lumière éteinte, je me fais des "films" dans ma tête, je m'imagine faisant la routine lue, ce que je dirai. Souvent je regrette de ne pas avoir noté certaines phrases imaginées.  Après lecture d'un livre (ou deux en parallèle), il a donc droit à sa place dans une de mes bibliothèques et je n'attaque jamais la lecture d'un autre (ou d'un autre "duo") tout de suite. Soit je reste un mois ou deux sans lire, soit je lis un livre de contes pour enfants ou un livre de Bellemare (histoires courtes, une ou deux chaque soir) ou j'attaque un roman (plus rare mais ça m'arrive), soit je suis déjà sur mes notes par rapport aux routines que j'imagine (sans forcément de lien avec un livre lu ou une vidéo vue) : je m'amuse à écrire des accroches, des thématiques, des textes, des idées de méthodes alternatives, je dessine, etc... Remarque, ces notes, c'est un peu tous les jours et à tout moment de la journée. Dès que j'ai une idée, une phrase qui me plaît, etc..je la note, je dessine. Je refais souvent plusieurs fois la même chose, je change quelques détails que j'estime être mieux ainsi. Je suis depuis des mois sur la fabrication d'un élément de scène. Je l'imagine en différents matériaux, je regarde ce qui se fait dans les magasins de bricolages près de chez moi, j'envoie des demandes de devis à certaines entreprises qui travaillent le plastique, la mousse. C'est pour moi la phase la plus longue : le choix des bons matériaux, les essais, les prototypes. Les idées me viennent assez vite, le travail des techniques assez vite aussi globalement si j'y consacre quelques après-midis entiers. Mais lorsqu'on se lance dans la fabrication de nouvelles choses (pour la scène surtout), sans plan déjà existant, c'est long. Il faut multiplier les aller-retours entre l'appart, les magasins, l'atelier dans lequel je bricole (chez mes parents), le lieu où je répète (chez mon grand-père), ne pas oublier la caméra ou le pied de caméra que je me trimbale à peu près à chaque fois, mes notes, etc... L'un des points les plus délicats, ce sont les fixations. Pour beaucoup de gimmick en close-up comme en scène, il faut des fixations assez fiables pour ne pas bouger avec nos gestes ou en déplaçant le guéridon, etc...mais qui libèrent facilement une charge. C'est assez paradoxal : on veut fixer mais facilement libérer, transposer, etc...Dans mes recherches, j'ai découverts des choses incroyables à détourner de leur utilisation. Action, Aldi, Liddle, BricoLeclerc, Brico dépôt, Noz, LeroyMerlin et les vide-greniers, voilà mes boutiques de magie préférées depuis bien longtemps. Le problème, c'est que je vois pas mal de choses qui me donnent envie de les détourner de leur utilisation et du coup, j'ai un tas de prototypes inachevés qui prennent une place folle. Mais revenons sur les livres. La dernière chose que je voudrais dire la dessus, c'est sur leur transport car je me déplace souvent entre mon appart, l'endroit où je bricole et l'endroit où je répète et je veux les garder impeccables. J'ai donc donc des pochettes en papier bulle épais pour les transporter sans les abîmer. J'ai d'ailleurs de grosse pochettes à bulles dans chacune de mes valises de magie, adaptées au format de ce que j'emporte le plus souvent et j'utilise parfois des accessoires très fragiles mais auquel je tiens absolument.        
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