Il a le nom d'une machine de guerre, un engin de mort qui sème la terreur autour de lui.
Son nom, c'est Beretta. Laurent Beretta. Avec un patronyme pareil, il aurait pu être flic à New York. une gueule d'ange, un physique à faire palir n'importe quel héros de série télé pour ado pré-pubère ou ménagère de moins de 50 ans. Je le vois bien en train de traquer du terroriste, investigant pendant 50 minutes et sortir une citation moyenne juste avant le générique de fin du style "Hé... On s'est bien marré non...". Bof... Beauf surtout...
Non il a choisi magicien. Ca me met dans de sales draps pour la suite de mon histoire policière (transition la plus nulle de l'histoire des forums internet)... Des draps. Un drap... Blanc, qui vole et virevolte. Blanc comme l'innocence de ce couple, la pureté de leurs mouvements, la propreté de leurs ames, l'harmonie parfaite. Ce blanc si naturel qui apparait et disparait au gré d'une musique ensoleillée, dansante. Une partenaire qui vole, qui flotte et lui qui lui répond.
L'arme et la poésie. Un paradoxe. D'où le titre de son spectacle vu hier soir au thétatre Trévise à 20.00 Métro Cadet ou Grands Boulevards dans le 10ème (si je ne me trompe pas). J'ai tout dit ?? Non.
Un spectacle et un homme. Oscar Wilde. Un hommage à l'artiste par l'artiste. 2 arts qui se complètent, ou qui se rejètent, qui s'entrechoquent, un peu comme les deux êtres sur scène qui se cherchent sans se trouver, ou qui se trouvent sans se chercher tout dépend de l'instant. Un homme, une femme, un chapeau melon, une chaise. C'est tout. La magie fait le reste, elle opère, elle nous transporte avec sa danse, dans les pensées les plus profondes de l'homme d'écriture, dans ses critiques envers la société. L'arme au poing, Beretta se fait son messager : les journaux, les Hommes, les personnages so British, et le moment de poésie nous redévore de l'intérieur, la technique disparait pour laisser la place à l'émotion.
C'est du grand art, de ceux qui nous font oublier les dures lois de la vie réelle : Le bruit, la violence quotidienne, les gens qui font la gueule... Tout est oublié pour partir au loin, dans un état second gouverné par un conteur muet et sa compagne à la silouhette furtive.
Merci pour ce grand moment de magie, et longue vie à vous deux.
Matt
PS : Il m'a semblé reconnaitre Mercury77 à la caisse. Dans le doute je me suis abstenu, mais si c'est toi, alors tu me reconnaitras. je suis la personne qui disait (à tort) que Rafistol était un spectacle que pour les enfants. Si bien que j'irai le voir...