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Je viens de tomber sur un article qui m'a fait sourire aujourd'hui. mdr

[img:center]http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/files/2014/05/Jon-Olav.jpg[/img]

Il s'appelle Spintronics et c'est un bien curieux appareil d'imagerie cérébrale mis au point par des chercheurs de l'université McGill de Montréal. Dans le jargon de ces scientifiques, cette espèce de scanner d'un nouveau genre décode "les corrélations neurales de la pensée". Pour le dire plus clairement, cette machine lit dans les pensées.

Pour son premier test, dont rend compte une étude à paraître dans la revue Frontiers in Human Neuroscience, 58 cobayes ont été recrutés. Ces derniers devaient s'asseoir dans un fauteuil, se faire coller quelques électrodes sur le visage et placer leur crâne dans ce qui ressemblait à un casque séchant de salon de coiffure. Auparavant, ils avaient dû choisir mentalement et écrire sur une feuille de papier (pour vérification ultérieure) un nombre à deux chiffres, un autre à trois chiffres, une couleur et un nom de pays. Puis, l'expérience commençait réellement. Le scanner était lancé avec son bruit caractéristique et l'on demandait aux participants de se concentrer sur chacun de ses quatre choix secrets, un par un. Spintronics moulinait et sur l'écran de la console de contrôle apparaissaient des images de synthèse du cerveau en trois dimensions. Au terme de l'expérience, la machine livrait ce qu'elle avait "vu". Tout correspondait, nombres, couleurs, noms de pays... Les personnes testées devaient exprimer ce qu'elles avaient ressenti vis-à-vis de l'expérience et notamment évaluer sa crédibilité.

[img:center]http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/files/2014/05/Spintonics%E2%84%A2-Neuorimaging.jpg[/img]

Vous l'avez sans doute compris, il n'y avait pas plus d'appareil miraculeux lisant dans les pensées que de beurre en broche (il faut donc prendre le "incroyable" qui figure dans le titre de ce billet dans son sens premier : qui n'est pas croyable...). Tout ce protocole n'était en réalité qu'une astucieuse manipulation destinée à mesurer ce que les auteurs de l'étude nomment le "neuro-enchantement", c'est-à-dire la fascination pour les résultats merveilleux, presque magiques, des neurosciences, lesquelles bénéficient d'une belle cote de popularité tant chez les universitaires que dans les médias, prompts à se jeter sur tous les travaux annonçant un pas supplémentaire dans le décryptage des mystères de notre encéphale... La console de Spintronics n'était qu'un assemblage grossier de divers éléments récupérés sur de vieux appareils médicaux des années 1960 tandis que le dispositif dans lequel les cobayes avaient glissé leur tête était réellement un casque séchant provenant d'un salon de coiffure (voir les photos ci-dessus) ! Les images défilant sur l'écran provenaient d'une vidéo enregistrée tout comme était enregistré le son du scanner...

Mais comment, me direz-vous, la machine, même factice, a-t-elle pu deviner les informations secrètes choisies par les participants étant donné qu'ils avaient gardé sur eux la feuille sur laquelle ils les avaient inscrites ? L'énigme disparaît quand on sait que le chercheur ayant supervisé ce travail, Amir Raz, a pour violon d'Ingres le mentalisme, ce domaine de la magie qui prend votre cerveau pour terrain de jeu. Le professeur Raz a donc enseigné à l'expérimentatrice quelques ficelles du métier pour lui permettre d'extorquer les précieuses informations aux cobayes sans qu'ils s'en doutent (malheureusement, l'étude n'entre pas dans les détails car on sait que tout magicien qui se respecte se refuse à dévoiler ses trucs...).

En moyenne, 76 % des participants ont cru sans problème que la machine avait bel et bien lu dans leurs pensées. Le comble, c'est que, parmi les 58 personnes testées se trouvaient 26 étudiants d'Amir Raz, lesquels travaillent, entre autres choses, sur les atouts et les faiblesses des différentes techniques d'imagerie du cerveau ! Dans les cours qu'il leur avait dispensés, l'enseignant-chercheur avait particulièrement insisté sur le fait qu'il était actuellement impossible de décrypter les pensées de quelqu'un et il s'était même assuré que ce point était assimilé à l'occasion de l'examen de fin d'année. Dernier détail savoureux, ses étudiants savaient qu'Amir Raz pratiquait le mentalisme... Et malgré cela, deux tiers d'entre eux sont tombés dans le panneau.

Pour les auteurs de ce travail, l'expérience montre la puissance du "neuro-enchantement", à quel point on surestime l'état de nos connaissances sur le cerveau ainsi que nos capacités à tirer de la neuro-imagerie des informations aussi complexes que des pensées. Que des mois d'enseignement à ce sujet puissent être mis à mal avec un gros sèche-cheveux et quelques bidules vaguement scientifiques en dit long sur la puissance de cette croyance, capable d'effacer tout jugement critique même chez des personnes aguerries et de leur faire accepter une sorte de résultat magique. Amir Raz et ses collègues estiment que le risque n'est pas nul que des personnes profitent de cette "surcote" et saupoudrent leur discours de grains de neurosciences pour accroître artificiellement la crédibilité de leurs dires. Dans le même ordre d'idées, ces chercheurs soulignent le danger qu'il y a à introduire, comme c'est de plus en plus souvent le cas, la science du cerveau et la neuro-imagerie comme élément à charge ou à décharge au cours des procès.

Source : http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2014/05/22/lincroyable-machine-a-lire-dans-les-pensees/

Je suis tombé là dessus via la revue cerveau & Psycho qui a fait un article sur le sujet : http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/article-comment-lire-dans-les-pensees-d-autrui-25781.php

#Ma_grand_mere_s_appelle_suzanne #Trex_Vaincra

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
    • Ayant fait une grande partie de ma carrière à l’Assurance Maladie (MSA) tout à fait d’accord avec ce qui a été dit . Il faut aussi rajouter la prise en charge dans le cadre d’un accident de travail de complications ou de rechutes éventuelles.
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