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Patrick FROMENT

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Messages publiés par Patrick FROMENT

  1. Ah Sinon, j’ai vu que la TeB commence à publier des vidéos sur des sujets spécifiquement philosophiques :


    Saluons ce repositionnement ou cette heureuse initiative ! 🙂

    Le fond de la vidéo me fait penser à cette phrase du philosophe et académicien Jean-Luc Marion :

    "Spinoza est adaptable à tout et compatible avec tous. Il est des spinozistes mystiques et des spinozistes matérialistes, marxistes et libéraux, psychanalystes et cognitivistes. Chacun y met et y trouve ce qu'il veut Spinoza est adaptable à tout et compatible avec tous. Il est des spinozistes mystiques et des spinozistes matérialistes, marxistes et libéraux, psychanalystes et cognitivistes. Chacun y met et y trouve ce qu'il veut"

    😃

  2. Effectivement la métaphysique peut être définie comme un « discours sur une certaine catégorie de questions existentielles et philosophiques » mais j’ai préféré la définir, plus personnellement, par la sensation que ce discours provoque chez moi.

    Pour exemple, la causerie d’Étienne KLEIN ci-dessous sur une question totalement métaphysique.

    Étienne KLEIN précise, dés la première minute de vidéo, qu’il ne répondra pas à la question. Néanmoins sa manière de décortiquer la question est d’en faire émerger toutes les vertigineuses implications et les paradoxes est particulièrement stimulante.

    La vidéo ne répond peut être pas à la question qu’elle est censée traiter mais elle montre bien que, sur des questions aussi essentielles et complexes, il n’y a pas que les limites de la science qui posent souci mais aussi (et peut être surtout) les limites de notre entendement, de notre logique, de notre langage, de notre raison…

    Les derniers échanges de ce fil amènent à la question : « Qu’est ce que la métaphysique ? ». Il me semble, pour le coup, que cette vidéo d’Étienne KLEIN répond à cette question.

     

     

  3. Il y a 1 heure, Christian GIRARD a dit :

    Pure curiosité : quelles sont les questions résolues par la métaphysique ?

    Ta question est sans objet. La fonction de la métaphysique n’est pas de répondre à des questions.
    Je ne suis même pas certain qu’on puisse définir efficacement la métaphysique comme une "discipline", un "corpus de connaissances" ou un "certain type de questions".
    Ce qui définit le mieux la métaphysique, pour moi, c’est qu’elle est une expérience, une sensation.
    La métaphysique c’est le vertige qui frappe Einstein quand il s’exclame « Dieu ne joue pas aux dés ! » ou Leibniz quand il formule la question « Pourquoi-y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». Peut être est-ce, également, la sensation qu’a connu le premier homme se dressant sur ses jambes et regardant les étoiles, contemplant, ainsi, à la fois, l'immensité du cosmos et éprouvant l'intuition d'une étrange parenté et intimité avec ce même cosmos .

    La métaphysique est une émotion !

    • J'aime 1
  4. Sur le site Les Chroniques Zététiques, je tombe sur cet article plutôt bien écrit et intéressant :

    Scepticisme et scientisme: une même posture ?

    Avec une certaine efficacité, l’auteur démontre que ce terme de scientisme (encore un mot aux contours très mal définis) est un mot épouvantail façonné par ses opposants et dont personne ne se revendique.

    Personnellement, quand j’ai utilisé ce mot, j’ai souvent pris soin de donner ma définition, définition qui, à mon avis, pourrait être validée par un rationaliste. Cette définition est, à peu près, celle ci : Scientiste : qui considère la science et la raison comme le moyen privilégié d’accès à la connaissance et au réel, en tout cas supérieur aux autres formes de connaissance et d’appréhension du réel. Pour le dire autrement, le scientiste est, peut être, aussi, celui qui considère que la méthode scientifique (parce qu’elle est « efficace » et qu’elle « marche ») doit être appliquée à tous les champs de connaissance.

    Bref, ce n’est pas tant sur la définition du scientisme que je trouve l’article intéressant mais sur la conclusion qui aborde une question fondamentale, à mon sens, et dont nous avons déjà discuté sur ce forum :

    "La science est, par nature, matérialiste. C’est-à-dire qu’elle n’explique pas des événements naturels par des actions ou entités surnaturelles. Néanmoins, cela implique en contrepartie de ne pas s’exprimer sur la métaphysique. Non pas de la « descendre » ou de proclamer son inutilité mais plutôt d’exclure cet objet de son champs d’étude pour une raison évidente de cohésion. Logiquement, expliquer un événement sans intervention métaphysique et en même temps étudier une métaphysique (qui nécessite par nature un recours à la métaphysique) est impossible."

    J’abonde, bien sûr, dans le sens de cette conclusion puisque la métaphysique est ,selon la belle formule d’Alain Lercher, « l’étude de la partie de la réalité qui échappe totalement à l’observation, mais qui explique tout le reste ». Son objet, comme l’indique son nom, est au-delà du monde physique. Par définition, les questions métaphysiques ne peuvent être résolues par la science. N’en déplaise à Monsieur Hawking qui prétend que « la question de l’existence de Dieu est une question scientifique ».

    Bien sûr (et c’est là toute la difficulté, le paradoxe et l’ambiguité de la situation) : Il est très difficile de faire de la science sans faire, implicitement, de la métaphysique (ce point a déjà été abordé sur ce forum).

    Certains prétendent même qu’il est impossible de ne pas faire de métaphysique et que tout raisonnement sur la nature des choses ou sur la manière d’obtenir une connaissance quelle qu’elle soit, est, par essence, métaphysique (mais pour penser ça il faut certainement être un peu métaphysicien 🙂).

    Du coup, la conclusion de l’article qui proclame, à raison, la nécessité d’exclure la métaphysique du champ d’étude de la science, est en fait une impossibilité logique et pratique (mais, là encore, il faut être un peu métaphysicien pour repérer cette contradiction 🙂).

  5. il y a 23 minutes, Christian GIRARD a dit :

    Bon, faut passer à autre chose maintenant (sinon je te promets une analyse de tes messages sous l'angle des accords toltèques, na ! 😉).

    Il n'y a pas de souci Christian, nous débattons ici dans le respect mutuel et, en même temps, (je crois !) avec toute notre énergie, notre conviction et nos tripes.

    Il peut y avoir toujours, de part et d'autre, des maladresses, des imprécisions, des erreurs d'interprétation... Après tout, nous abordons souvent des sujets complexes, philosophiques, souvent passionnés.

    C'est juste que quand on me fait dire quelque chose que je n'ai pas dit ou qu'on me prête une intention que je n'ai pas, naturellement je réagis. (Et encore, une fois, je concède bien volontiers que mes propos peuvent être parfois maladroits ou approximatifs favorisant de multiples interprétations).

    Pour le reste j'ai trouvé ça cocasse de tomber sur ce passage ce matin.

    Et, enfin, sur le fond, je trouve très juste l'idée selon laquelle le rationalisme (le rationalisme, hein, pas la rationalité !) est une "réduction de la portée de l’intelligence".

  6. Le 20/05/2021 à 12:41, Christian GIRARD a dit :

    Pour ce qui concerne ton positionnement face à ce sociologue : le dénigrer en le présentant comme « proche de la mouvance activiste rationaliste et zététique »...


    Un peu plus de deux semaines après cette interprétation curieuse d’un de mes propos qui se voulait humoristique, je reçois un clin d’œil de l’univers au travers d’un passage d’un livre qui a atterrit par hasard entre mes mains.

    (Ok… Comme nous sommes sur un sujet qui parle de zététique, on va donc se mettre au diapason et parler de « biais cognitif » plutôt que de « clin d’œil de l’univers » (c’est moins poétique, je sais ! 😁))

    Donc…

    Dans l’excellent ouvrage de Patrick Laude, Clefs métaphysiques de la Sophia Perennis - Comprendre le langage interreligieux de Frithjof Schuon :


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    … Quelle n’est pas ma surprise (page 239) de voir le « rationalisme » et « l’activisme » assimilés à des « déviations occidentales modernes », le « rationalisme » et « l’activisme » constituant respectivement une « réduction de l’intelligence » (si, si !!! 🤣) et un « obstacle à la contemplation ».

    (Bon… Au passage le mot « activisme » prend encore un sens différent et il est à comprendre, ici, comme une sorte d’hyperactivité, de productivisme et de pragmatisme propre à l’Occident au contraire de l’Orient qui serait plus « contemplatif ». Mais la juxtaposition de ces deux mots (activisme et rationalisme) dans le contexte que j’ai rappelé plus haut est plutôt cocasse !)

    Quant à Frithjof Schuon, dont ces lignes sont censées traduire la pensée, il semble que ce monsieur était loin d’être un zététicien ! 🙂😃🤣

    Citation

    « L'inébranlable conviction » de ce dernier que « Brahman est la seule réalité et que l'univers est illusoire », constitue selon Mark Perry un « axe » de la pensée de Schuon.

     

    IMG_20210608_112430_resized_20210608_124441268.jpg

  7. il y a 12 minutes, Patrick FROMENT a dit :

    Mais nous sommes tous "baisés" (😀) par nos conditionnements divers et variés, notre éducation, notre culture, notre formation, notre métier, notre catégorie socio-professionnelle, nos blessures existentielles et j'en passe...

    Cette phrase est d'ailleurs typique d'un biais de psy ! 🤣

    • Haha 1
  8. Il y a 1 heure, Gilbus a dit :

    Le magiciens ont un processus de pensée biaisé par leur expérience. 

    OUI !!!

    Mais nous sommes tous "baisés" (😀) par nos conditionnements divers et variés, notre éducation, notre culture, notre formation, notre métier, notre catégorie socio-professionnelle, nos blessures existentielles et j'en passe...

    Nous avons tendance en fonction de tous ces conditionnements à privilégier une interprétation du monde.

     

  9. Me promenant sur l'excellent site magique artefake, je découvre (ou redécouvre)  cet article particulièrement bien écrit, bien documenté et ô combien mesuré :

    PRESTIDIGITATEURS ET PARAPSYCHOLOGIE Par George P. Hansen.

    Article qui montre bien à quel point cette question de l'ambigüité traverse l'histoire du mentalisme et de la prestidigitation.

    Citation

    Didier Puech nous signale que le magicien français Jacques Delord restait très ouvert sur le sujet de la parapsychologie, estimant qu’il n’était pas du rôle des magiciens de “démasquer” les fraudeurs. Il laissait toujours LE DOUTE quand les gens (grand public) l’interrogeaient sur ses “pouvoirs”, sans pour autant prétendre à posséder des pouvoirs surnaturels

    ... Si même Jacques Delord ! 😀

    • J'aime 2
  10. il y a 15 minutes, Gilbus a dit :

    Le rêve et l'émerveillement sont de sérieux handicap, pour garder un bon équilibre rationaliste. 

    😂😀

    Un excès de raison peut aussi être un solide handicap à l'équilibre tout court.

    La science, d'ailleurs, se nourrit tout autant du rêve et de l'émerveillement devant le mystère du monde que de la raison pure et dure.

    Le déséquilibre c'est soit basculer dans un irrationnel extrême et perdre pied avec la réalité (bon, il faudrait définir exactement ce qu'est la "réalité", ce qui n'est pas une mince affaire, mais bon, passons...! 🙂) soit adopter une vision, non pas rationnelle, mais strictement rationaliste et donc ne voir le monde que son un aspect matérialiste et mécaniste.

    L'homme est un "animal métaphysique", selon la formule rendue célèbre par Schopenhauer, c'est à dire qu'il ne cesse de spéculer et de prétendre à une connaissance susceptible de dépasser le simple cadre de l'expérience et des phénomènes observables (même les physicalistes font cela, même les athées...).

    J'ai déjà cité, plusieurs fois, sur ce forum, ma maxime préférée du philosophe Pascal. Elle me semble, encore, une fois bien à propos ici :

    Parchemin-7.jpg

     

  11. Il y a 20 heures, Fabien (spankyfab) a dit :

    Sans empêcher malgré tout l’auditeur de préférer ne pas écouter ces précisions permanentes en se disant « bah les mentalistes ils s’y connaissent en manipulation c’est sur » ce qui, pour le coup, est un vrai raccourci (éronné), mais que chaque prestation de Mentaliste dans le monde sur la thématique de la manipulation va pourtant nourrir 😉 

    👍👍👍 !!!

    Cette phrase (ambigüe et alambiquée ! 🙂) est un vrai concentré des thèmes sous-jacents à la question abordée dans ce fil :

    - Comment il y a une "ambiguïté naturelle" du mentalisme comme tu le dis si bien Fabien (une discipline aux contours mal définis, à l'historique confus et se nourrissant d'un imaginaire qui puisent aux sources de l'ésotérisme et/ou des capacités plus ou moins inconnues de l'esprit ou du cerveau.

    - Comment cette ambiguïté entre fatalement en résonance avec la sensibilité et les croyances du spectateur et comment cela fini par nourrir des conceptions fausses.

    - Enfin, dernier point (et pas des moindres 🙂) : Comment le mentaliste peut, lui même, être piégé par l'ambigüité, soit en finissant par croire en ses propres pouvoirs et ses propres capacités (ce qui n'est pas ton cas), soit en étant sans cesse contraint de se justifier et de corriger son interlocuteur pour ne pas être embarqué sur un terrain où la plupart de ses auditeurs (ou spectateurs) veulent l'emmener.

     

    ... C'est pas simple tout ça !

    Mieux vaut s'en tenir aux balles mousses ! 😀😂

  12. De la nécessité de bien définir le sujet dont on parle :


    Selon la définition qu’on donne du mot "Dieu" on va pouvoir considérer que la question est appréhendable par la science ou pas.

    Si nous définissons "Dieu" comme le Dieu créateur de la Bible, nous avons effectivement quelques soucis à concilier cette vision avec les données de la science. D’autres définitions ou visions du concept "Dieu" sont en revanche complètement compatibles avec la science (le "Dieu de Spinoza" par exemple pour reprendre la célèbre expression d’Albert Einstein.


    La même question se pose au sujet de la conscience :

    Quand il est question de conscience dans les neurosciences, il s’agit de conscience d’accès  définie dans un cadre physicaliste.

    Ceci est très bien expliqué par Stanislas Dehaene dans son cours de Psychologie cognitive expérimentale :

    Citation

    Le mot « conscience » est polysémique, et l’introduction d’un vocabulaire précis et restreint est une étape importante de la théorisation. (…) Le second usage, intransitif, fait référence à la prise de conscience d’une information particulière. On parle alors de « conscience d’accès », ou d’accès d’une information à la conscience.


    Dans le même cours, Dehaene évoque la conscience phénoménale :

    Citation

    La  conscience phénoménale précèderait et dépasserait ce que nous sommes capables de rapporter (c’est-à-dire la conscience d’accès).


    La conscience phénoménale est celle dont je parle quand je parle habituellement de "conscience", d’"expérience consciente" ou de "l'effet que cela fait de ressentir une certaine sensation".

    Comme je l’ai indiqué hier, cette conscience n’est pas quantifiable et pas objectivable tout en étant notre expérience permanente la plus intime et la condition même de l’objectivation du monde. Selon Ned Block elle n’est même pas définissable : "Tout ce qu'on peut faire, c'est indiquer le phénomène. "

    Pas objectivable, pas quantifiable, pas définissable = quelque chose qui est (aujourd’hui) en dehors du champ de la science pure et dure (et qui pourtant est juste le tissu de nos vies : ce qui est au cœur même de notre expérience la plus intime et la plus immédiate).

    La seule porte de sortie (aujourd’hui) pour un scientifique de rendre compte de cette conscience phénoménale tout en restant dans un cadre physicaliste et sans perdre la face, c’est de renvoyer la conscience phénoménale au statut... d’illusion ! (toujours extrait du même cours de Psychologie cognitive expérimentale par Stanislas Dahaene) :

    Citation

    Même  si  l’introspection  semble  valider  l’idée  d’une conscience  phénoménale  de  la  totalité  d’une  scène  visuelle,  il  se  peut  qu’elle  ne reflète  qu’une  « illusion  de  voir ».

     

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  13. Il y a 6 heures, Christian GIRARD a dit :

    Aviez-vous suivi ce "feuilleton" sur la TEB ? :

    Très beau travail d’enquête et d’investigation de la Tronche en Biais !

    Ce genre de bullshit et d’arnaque est, hélas, typique de plein de pubs de toutes sortes qui polluent le net.

    Cela me fait penser à certaines publicités qui fleurissaient dans les années 70 et 80 sur des magazines du style Ici Paris ou France Dimanche, ici c’est juste la version 2.0

    Quant au copywriting, technique de marketing, j’ai toujours pensé que, par certains de ses aspects, il sort du domaine de la simple communication pour entrer dans celui de la manipulation.

    Cette série de vidéos est un parfait exemple de ce que la zététique, en général, et la TeB, en particulier, fait de mieux et, sur ce plan, là ils auront toujours mon soutien.

    Mes critiques parfois virulentes de la zététique concernent le glissement fréquemment observé de :

    - développement de l’esprit critique, dénonciation des arnaques du paranormal
    à
    - prises de positions philosophiques ou métaphysiques en prétendant qu’il s’agit de science

    (typiquement pour prendre un exemple qui a fait polémique ici tout récemment : prétendre que la question de l’existence de Dieu ou de sa non existence (ou de la probabilité de son existence) est une question qui peut être réglée ou mesurée par la science).

    • J'aime 1
  14. Il y a 5 heures, Christian GIRARD a dit :

    Pour ce qui concerne ton positionnement face à ce sociologue : le dénigrer en le présentant comme « proche de la mouvance activiste rationaliste et zététique » c'est, en quelques mots bien choisis, le salir tout en douceur car lesdits mots résonnent immédiatement avec les définitions multiples qu'on connaît d'eux, notamment l'activisme (politique par exemple) en tant que (je cite) « forme de militantisme dont l'une des modalités peut être de braver la loi » et impliquant des « actions qui peuvent parfois être considérées comme violentes ».  

    En plus, ta présentation privilégie une définition du mot activisme (mot ambigu et aux contours mal définis certes) très péjorative et complètement hors cadre.

    Le portail européen de la jeunesse donne une toute autre définition de l'activisme à l'ère du numérique et encourage chacun à devenir activiste sur le net : L’activisme à l’ère numérique

    Cette définition me semble tout à fait raccord avec l'activité produite par la galaxie zététique sur certaines chaines youtube. Et, dans ce sens là, il n'y a rien de péjoratif à être un "activiste" ou un "militant" d'une cause que l'on croit juste. D'autres "activistes" qui ne sont pas d'accord ont aussi le droit de répondre et de débattre.

  15. Et puisqu'il faut une explication de texte :

    Je n'ai voulu salir personne sournoisement comme le suggère Christian Girard et surtout pas Gerald Bronner dont j'apprécie le travail en dépit des divergences que je peux avoir sur le fond.

    J'ai voulu montrer en utilisant l'ironie et l'outrance que, pour moi, il n'est pas juste de préjuger du travail d'un auteur ou de le disqualifier par avance en pointant ses engagements philosophiques (qu'ils soient rationalistes ou spiritualistes).

    Je suis bien sûr pas dupe du fait que les engagements et options philosophiques d'une personne vont influer sur son travail (y compris quand il s'agit de science) mais, pour moi, toute idée, théorie, conception, livre, article, interview ou vidéo doit être évaluée en dehors de ce contexte sur le fond, uniquement sur le fond !

    En choisissant de prendre ma plaisanterie au premier degré, Christian Girard me prête exactement l'idée inverse de celle que je voulais exprimer.

  16. il y a une heure, Christian GIRARD a dit :

    Pour ce qui concerne ce sociologue, le dénigrer en le présentant comme « proche de la mouvance activiste rationaliste et zététique » c'est, en quelques mots bien choisis, le salir tout en douceur car les mots résonnent immédiatement avec les définitions multiples qu'on connaît d'eux, notamment l'activisme (politique par exemple) en tant que (je cite) « forme de militantisme dont l'une des modalités peut être de braver la loi » et impliquant des « actions qui peuvent parfois être considérées comme violentes ».  

    N'importe quoi !

    Je n'ai pas mis de smileys à chaque bout de phrase mais je pensais que ma formulation volontairement outrancière et ironique + ma plaisanterie sur "alerte" et "double alerte" allaient de soi et que, comme tu le dis parfois (s'agissant de tes plaisanteries) : "on a le droit de rire un peu".

    Mais tu as raison : Hélas, dans ce style de débat typiquement zététique, sur les croyances, les fausses sciences etc... c'est trop souvent la rhétorique, l'éloquence, l'attaque ad hominen, la disqualification de l'adversaire qui l'emporte sur l'échange cordial d'idées, la tolérance, la bienveillance et... la vérité philosophique ou scientifique.

    Il faut peut être simplement que j'arrête ces débats stériles qui ne mènent à rien qui ne me réussissent pas.

  17. Gerald Bronner, proche de la mouvance activiste rationaliste et zététique (alerte !) et cité plusieurs fois par Christian Girard sur VM (double alerte !!) concède, lui aussi, qu’il ne sert à rien de démentir les croyances d'un croyant. Comme Thierry Ripoll ou Pascal Boyer, il cherche à en comprendre les ressorts plutôt que les dénoncer bêtement (après j’ai quand même un faible pour Ripoll ou Boyer car ,au delà de la déconstruction ils reconnaissent aussi une fonction et une certaine utilité aux croyances).

     

     

  18. Il y a 4 heures, Christian GIRARD a dit :

    « Toute étude impliquant une preuve que la marche à pied et l'activité musculaire dans les jambes sont liés confirme me semble-t-il que c'est bien par les muscles et leurs contractions que se produit la marche et ses fluctuations de vitesse. »

    Il y a deux raisons très fortes qui font que la comparaison entre la marche et l'expérience consciente est inappropriée :

    - Sur le plan physique on sait parfaitement expliquer comment l'activité musculaire produit la marche. On est, en revanche, incapable d'expliquer comment les neurones produisent l'expérience consciente.

    - Contrairement à l'expérience consciente, l'activité de marcher demeure un objet possible de représentation et d’investigation observable, mesurable et quantifiable. L'expérience consciente ne peut que s'éprouver de l'intérieur. Elle n'est pas mesurable, pas quantifiable. On peut observer sa propre marche et la marche d'une autre personne. On ne peut jamais observer que sa propre conscience. Concernant la conscience d'un autre, on en observe jamais que les effets (ou les corrélats). L'expérience consciente n'est pas un phénomène comme les autres. Elle est "l'arrière plan" de toute connaissance d'un phénomène, la condition préalable de l’objectivation.

  19. Il y a 4 heures, Christian GIRARD a dit :

    Dawkins écrit textuellement ceci : (...) : « L’existence de Dieu est une hypothèse scientifique comme une autre […]. L’existence de Dieu ou sa non existence est un fait scientifique qui concerne l’univers et qui peut être découvert en principe sinon en pratique ».

    C'est là où nous divergeons totalement :

    L'hypothèse de l'existence de Dieu n'est pas une hypothèse scientifique. C'est une hypothèse qui est complètement impossible à appréhender avec la science et qui restera, peut être, pour toujours, hors du champ de portée de la science.

    L'hypothèse de l'existence de Dieu est une hypothèse métaphysique.

    Tout ce que je dis là est une lapalissade au fond : la science s'occupe de comprendre le monde des phénomènes et de l'expérience sensible, la métaphysique explore ce qui est censé exister en dehors de l'expérience sensible.

    Bien sûr tout scientifique a le droit de faire de la métaphysique et même d'étayer ses hypothèses métaphysiques avec des arguments scientifiques mais dans ce cas il n'y a pas à faire deux poids deux mesures entre un scientifique qui cherche à "prouver" l'existence de Dieu avec les mathématiques ou que sais-je d'autre avec un scientifique qui cherche à "prouver" la très faible probabilité de l'existence de Dieu par la science. Dans les deux cas la démarche n'est que pure spéculation, voire pur militantisme !

    Encore une fois, chacun a le droit de militer pour ce qu'il veut et de faire de la métaphysique (ce n'est surtout pas moi qui vais dénier ce droit y compris à des scientifiques), il faut juste correctement nommer les choses.

    Le fait que la science utilise un matérialisme méthodologique pour des questions de commodité n'autorise pas à dire que le matérialisme philosophique ou l'athéisme sont scientifiques (même si, bien sûr, ce glissement s'observe allègrement en zététique). Le matérialisme philosophique et l'athéisme sont des options métaphysiques personnelles, rien de plus.

  20. @Christian GIRARD

    J'ai trouvé sur la plate forme Quora deux questions qui pourraient éclairer notre débat (en tout cas il y a un rapport direct)

    Quel est le consensus scientifique officiel sur la conscience humaine ?

    Est-ce notre conscience qui modèle le cerveau ou bien le cerveau qui modèle notre conscience ?

    Je met les liens car les questions me paraissent bien formulées et les réponses apportées par H Chris Ransford me semblent à la fois succinctes, claires et plutôt équilibrés (ce qui est plutôt pas mal pour des questions aussi complexes).

    Le CV et les publications de ce monsieur présentent des éléments quelques peu hétérodoxes qui devraient constituer pour toi un "signal d'alerte" mais c'est pas grave ! 🙂

    Un scientifique qui milite avec énergie pour l'athéisme (comme Richard Dawkins par exemple) ça vaut un "signal d'alerte" pour toi ou pas ? ...Si un thésard cite Dawkins dans sa thèse, alerte ou pas ? Attends ! mieux ! : Si des youtubers zététiciens se déplacent à Oxford pour interviewer Dawkins, signal d'alerte ou pas signal d'alerte ?) 😀

    • Merci 1
  21. Il y a 5 heures, Georges PERON a dit :

    Mais a priori pas statistique

    Effectivement c'est pas le sujet du propos dans la citation que j'ai mis. Après, vu la place que les statistiques ont pris, aujourd’hui, dans la formation initiale du psychologue, je pense que Thierry Ripoll doit avoir un niveau suffisant. 😀

    Vous êtes extraordinaires quand même : Je présente un livre écrit par un rationaliste dont le propos est, sur 380 pages, la déconstruction des croyances. Un auteur qui pourrait faire partie de ceux conseillés par les cercles zététiciens (Ah mais… Il l’est en fait ! CLIC).

    Je précise aussi que j’aime cet auteur (même si nous divergeons radicalement sur plein de choses) car il cherche à comprendre les choses anthropologiquement et psychologiquement (il me fait penser à Pascal Boyer Et l’homme créa les Dieux dont il a déjà été question par ici). Je cite un passage qui me touche parce que l’auteur y fait part, humblement et modestement, de ses doutes sur le debunking (« Je n’ai pas de réponse claire à ce sujet »).

    Un peu de nuance est -il si dérangeant que ça ?

    On peut, bien sûr, regretter qu'une affirmation aussi forte ne soit pas plus étayée mais relisez : Encore une fois, il s'agit d'un passage du livre qui est très personnel : l'auteur parle de lui, de son rôle de professeur, des conférences où il démystifie certaines croyances et il s'interroge simplement sur l'impact qu'il peut avoir sur ses auditeurs. Ce genre de démarche introspective est plutôt rare dans les milieux rationalistes et zététiques. En tout cas, ça me touche, ça pose de bonnes questions qui rejoignent les questions que je me pose moi-même depuis des années et c'est pour ça que je l'ai cité ici.

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